Grèce: Des intellectuels partisans de la séparation de l’Eglise orthodoxe avec l’Etat
Athènes, 6 mai 1998 (APIC) Des députés, des artistes et des professeurs grecs demandent la séparation de l’Eglise et de l’Etat. Le lien de l’Eglise orthodoxe avec l’Etat grec repose sur «une discrimination idéologique et juridique pour les non-orthodoxes», dénonce une déclaration publiée lundi à Athènes par 60 intellectuels.
Les liens qui unissent l’Eglise orthodoxe et l’Etat font que pour beaucoup de gens «un vrai Grec ne peut qu’être que de religion orthodoxe», déclarent entre autres les signataires. Les députés et les intellectuels demandent, dans leur manifeste, de renoncer à l’avenir à l’indication de la confession religieuse sur les cartes d’identité et les passeports. Ils déplorent en outre qu’il n’y ait pas en Grèce des obsèques civiles ni d’enseignement religieux autre que celui de la religion orthodoxe dans les écoles. Plus de 90% de la population grecque dit appartenir à l’Eglise orthodoxe. La Constitution grecque affirme elle-même cette symbiose en reconnaissant que la confession grecque-orthodoxe est la religion prépondérante du pays.
L’Eglise orthodoxe de Grèce compte environ 8,5 millions de fidèles répartis en 85 diocèses et environ 7’500 paroisses. Sur le plan juridique, c’est une Eglise d’Etat dont l’organisation interne et les relations avec l’Etat sont régies par la charte de 1977. Sur le plan canonique, elle dispose d’un statut d’autocéphalie, «de facto» depuis 1833, mais reconnu officiellement seulement en 1850. Depuis 1928, les évêchés de la Grèce du Nord et de la Thrace sont rattachés adminsitrativement à l’Eglise de Grèce tout en continuant à être placés sous l’autorité spirituelle du patriarche œcuménique de Constantinople, tandis que l’archevêché de Crète et les îles du Dodécanèse restent sous la juridiction directe de Constantinople.
L’archevêque Seraphim d’Athènes, primat de l’Eglise orthodoxe de Grèce, décédé le 10 avril dernier à l’âge de 85 ans, homme au caractère autoritaire et volontariste, a toujours représenté la vieille école attachée aux liens entre l’Eglise et la nation pour préserver le statut privilégié de l’Eglise orthodoxe en Grèce, ce qui le conduisit à dénoncer certaines initiatives diplomatiques du gouvernement grec ou encore à entretenir des relations souvent conflictuelles avec le Vatican. (apic/kna/sop/ba)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse