Conférence des évêques inquiète

Du côté de la Conférence des évêques péruviens, on se déclare consterné par les pratiques imposées par Fujimori. En 1990, les évêques péruviens avaient vivement protesté. Ils n’ont depuis jamais cessé de s’opposer au gouvernement à cause de sa politique familiale et sociale. Dans un document publié en janvier 1998, le ton est particulièrement sévère pour dénoncer le gouvernement qui, pour tenter de réduire la misère, n’hésite pas à s’attaquer aux pauvres dans le but de réduire le taux de natalité du pays. « Avec ces méthodes, on a porté atteinte à la liberté des personnes, à leurs droits et à leur intégrité physique ». Les évêques dénoncent en outre les pressions subies par les professionnels de la santé.

Selon des statistiques officielles, 7 femmes sur 10 sont pauvres au Pérou. Et les femmes sans éducation ont en moyenne 7 enfants. Une « campesina » confiait un jour: « Avoir autant d’enfants n’est aujourd’hui plus possible. On se tue à travailler. Et le peu que nous gagnons ne sert même pas à alimenter nos enfants ». Méprisés, délaissés par les gouvernements successifs, ou encore en raison de la terreur qu’inspirent l’armée ou le Sentier Lumineux, les paysans ont délaissé en masse les campagnes. Il y a une trentaine d’années, le Pérou s’autosuffisait en blé et en riz, pour prendre des céréales de base, et même exportait. Aujourd’hui, faute de bras et de structures, il s’approvisionne au prix fort aux Etats-Unis ou ailleurs. Le « campo » est déserté ou presque. Une étude menée par le « Servicio de Investigacion y Promocion Agraria » (SIPA) montre que 85% des unités agricoles, pour ce qui en reste, sont dépourvues de toute technologie. Ironie pour l’une des terres sans doute parmi les plus riches au monde: le président Fujimori est ingénieur agronome. (apic/pr)

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