«Les femmes ne peuvent pas recevoir l’ordination sacerdotale» Rome, 21 mai 1998 (APIC) Jean Paul II demande aux évêques des Etats-Unis d’expliquer aux fidèles que l’Eglise «n’a pas l’autorité pour ordonner des femmes au sacerdoce ministériel, tout en leur faisant comprendre clairement que l’égalité entre les personnes ou celle de leurs droits donnés par Dieu- ne sont pas en cause», en raison de la dimension «sacramentelle» de l’Eglise.
Le pape a rencontré jeudi, le jour de la fête de l’Ascension, lors de sa messe matinale, le cinquième groupe d’évêques des Etats-Unis (du Michigan et de l’Ohio), en visite ad limina, qu’il avait reçus les jours précédant en audiences séparées.
Jean Paul II a consacré trois paragraphes de son discours pour demander aux évêques de savoir expliquer aux fidèles pourquoi l’Eglise ne peut pas ordonner des femmes. Une telle ordination «ne peut jamais être revendiquée par personne comme un droit». Le discernement appartient, dit-il, en dernier lieu à l’Eglise, à travers l’évêque. Le fait que l’Eglise choisisse des hommes, explique Jean-Paul II est une question de «fidélité au témoignage du Nouveau Testament et à la constante tradition de l’Eglise d’Occident et d’Orient».
La dignité de la femme n’est pas diminuée
La dignité de la femme n’en est pas diminuée, insiste le pape: «Le fait que Jésus lui-même a choisi et envoyé des hommes pour certaines tâches spécifiques ne diminue en rien la dignité humaine de la femme qu’il entend toujours clairement défendre», déclare-t-il. En prenant une telle position doctrinale, il ne veux pas «reléguer les femmes à un rôle purement passif dans la communauté chrétienne. Le Nouveau Testament indique clairement que les femmes ont joué une place vitale dans l’Eglise primitive».
Jean Paul II demande de ne pas penser le sacerdoce en termes de «pouvoir», mais en termes de «service». «Le Nouveau Testament en témoigne et la tradition constante de l’Eglise l’atteste: le sacerdoce ministériel ne peut pas être compris dans des catégories sociologiques ou politiques, comme matière à exercice du «pouvoir» à l’intérieur de la communauté, explique-t-il encore. Le sacerdoce des Ordres sacrés doit être compris théologiquement, comme une forme de service dans et pour l’Eglise. Il y a de nombreuses formes de service, comme il y a de nombreux dons donnés par le même Esprit (1 Corinthiens 12,4-11)».
La tradition sacramentelle de l’Eglise
Jean-Paul II donne enfin l’argument de la tradition sacramentelle de l’Eglise: «Les Eglises, en particulier les Eglises catholique et orthodoxe qui ont placé la sacramentalité au coeur de la vie chrétienne, sont celles qui ne revendiquent aucune autorité pour ordonner des femmes au sacerdoce ministériel. Inversement, plus les communautés sont promptes à conférer une responsabilité ministérielle à des femmes, plus elles s’éloignent d’une compréhension sacramentelle de l’Eglise, de l’eucharistie et du sacerdoce».
Le pape insiste en même temps sur le rôle de la femme dans l’Eglise. «Il est en même temps indispensable, souligne le pape en citant sa «Lettre aux femmes de 1995», que vous continuiez à être attentifs à la question tout entière de la façon dont les dons spécifiques de la femmes sont nourris, acceptés, et amenés à porter du fruit dans la communauté ecclésiale. Le «génie» des femmes doit être de plus en plus une force vitale dans l’Eglise du prochain millénaire, comme elle l’était dans les premières communautés des disciples du Christ».(apic/imed/ba)
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