rTurin: Le pape s’est recueilli devant le Saint-Suaire et a procédé à 4 béatifications
Turin, 24 mai 1998 (APIC) Le pape Jean Paul II a béatifié dimanche matin trois Italiens lors d’une cérémonie en plein air à Turin. Dans l’après-midi, le pape est allé se recueillir devant le Saint-Suaire. Samedi déjà, à Verceil, Jean Paul II avait procédé à la béatification de Don Secondo Pollo, un prêtre de Verceil (1908 – 1941).
Les trois nouveaux bienheureux béatifiés dimanche matin devant une foule estimée à 100’000 fidèles sont Teresa Bracco, une femme de 20 ans assassinée en 1944 par un soldat nazi qui tentait de la violer; Giovanni Maria Boccardo, mort en 1913 après avoir fondé l’Ordre des Pauvres sœurs de Gaetano; et Teresa Grillo Michel, fondatrice de l’Ordre des Petites sœurs de la Divine providence, une institution qui s’occupe des orphelins et des déshérités.
Dimanche matin, sur la Place Vittorio, le pape a évoqué une première fois le «message du Saint-Suaire» dans son homélie de la messe de béatification. Il a ensuite longuement médité sur cette «icône» lors de sa visite à la cathédrale de Turin, où le Suaire est exposé à la vénération des fidèles depuis le 18 avril et jusqu’au dimanche 14 juin. Le pape s’était déjà recueilli devant le Suaire en 1980.
Le pape a encouragé une recherche scientifique rigoureuse sur le Suaire. «L’Eglise, a-t-il déclaré, exhorte à affronter l’étude du Suaire sans préjugés, qui tiennent pour acquis d’avance des résultats qui ne le sont pas; elle les invite à agir avec liberté intérieure et un attentif respect tant de la méthode scientifique que de la sensibilité des croyants».
Pour le pape, le Suaire est une «provocation pour l’intelligence» et s’adresse donc à la raison. Il «requiert l’engagement de tout homme, en particulier du chercheur, pour recueillir avec humilité le message profond envoyé à sa raison et à sa vie».
La foi n’est pas en cause, a précisé le pape: c’est «la tradition» qui voit dans ce linceul ce qui a enveloppé le corps de notre Rédempteur quand il fut déposé de la croix. Le Suaire interroge pourtant la raison: Le Suaire rappelle d’abord pour Jean Paul II le salut offert par le Christ. «Ce linceul précieux, dans sa dramatique éloquence, nous offre le message le plus significatif pour notre vie: la Rédemption obtenue pour nous par le Sauveur, qui a assumé notre condition humaine, a souffert, est mort et ressuscité pour nous, est la source de toute existence chrétienne». Ce qui compte d’abord pour le croyant, a continué le pape, c’est que le Suaire est «un miroir de l’Evangile», parce qu’il existe un «profond rapport» entre cette image et le récit de la passion et de la mort de Jésus selon les Evangiles. C’est pourquoi «il est juste de nourrir la conscience du caractère précieux de cette image que tous voient et que personne ne peut expliquer».
La souffrance de l’homme
Pour le pape, cette image reflète aussi la «souffrance de l’homme», elle est pour lui «l’icône de la souffrance de l’innocent de tous les temps». Et d’évoquer «les drames actuels qui ensanglantent les pays», «l’exploitation brutale de femmes et d’enfants», «les millions d’êtres humains qui vivent d’humiliations et de sévices aux marges des métropoles», «les victimes du terrorisme» et «les esclaves d’organisations criminelles». Cette icône nous pousse à «sortir de notre égoïsme», a insisté le pape. Le Suaire est en même temps pour Jean Paul II «une image de l’amour de Dieu, par-delà le péché de l’homme», qui invite à «découvrir la cause ultime de la mort du Christ» et à se détourner du péché.
Le Suaire est encore une image de «l’impuissance de la mort, dans laquelle se révèle la conséquence extrême du mystère de l’Incarnation».
Enfin, le Suaire est «l’image du silence»: «Il y a un silence tragique de l’incommunicabilité, qui a dans la mort son expression maximale, et le silence de la fécondité, qui est justement celui de qui renonce à se faire entendre de l’extérieur pour atteindre en profondeur les racines de la vérité et de la vie». Notre époque, a conclu Jean Paul II, a besoin de redécouvrir la fécondité du silence, pour surmonter la dissipation des sons, des images, des bavardages qui trop souvent empêchent d’entendre la voix de Dieu».
Samedi, à Vercelli (Verceil), une ville de 52’000 âmes, Jean Paul II avait appelé les hommes politiques du Nord de l’Italie à la «transparence» et au refus du «particularisme». (apic/cip/imed/pr)
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