Vent de réconciliation après les déclarations de Mgr Sodano

Le théologien Hans Küng se dit prêt à rencontrer et àà discuter avec le pape

Baden-Baden, 5 avril 1998 (APIC) Le théologien suisse Hans Küng s’est déclaré prêt à entamer un processus de réconciliation avec Rome. «Je suis disposer à rencontrer et à parler avec le pape Jean Paul II», a-t-il déclaré samedi sur les ondes d’une radio régionale allemande.

La déclaration du théologien d’origine lucernoise, interdit d’enseignement par Rome en 1979, intervient une dizaine de jours après une conférence prononcée par le cardinal Angelo Sodano, secrétaire d’Etat du Vatican. Ce dernier avait en effet largement cité le théologien dissident.

A la question de savoir s’il a été trop dur ou trop critique à l’égard du pape, Hans Küng a répondu par un énigmatique «Je ne défendrais pas tout ce que j’ai dit ni comment je l’ai dit»…

Le théologien suisse, âgé aujourd’hui de 70 ans, a été interdit d’enseignement par Rome en 1979. Il attend toutefois une réhabilitation, que réclame avec lui la Faculté de théologie de Tübingn (Allemagne), où il a enseigné durant 36 ans, jusqu’à sa retraite en janvier 1996. Il passe pour être l’un des critiques les plus sévères et les plus constants de Jean Paul II, qu’il accuse d’exercer «un pouvoir rigide et despotique dans l’esprit de l’Inquisition».

Dans le cadre de sa conférence donnée le 24 mars à Rome, le numéro deux de l’Eglise catholique avait lancé deux «messages». Aux hommes de bonne volonté, il demandait de prendre le temps d’examiner l’Eglise «sous tous ses angles» avant de la juger. Et de citer Hans Küng, à la surprise de tous les journaux italiens, qui en ont fait leurs titres, quand il décrit le christianisme comme un grand «fleuve de bonté, de miséricorde, de disponibilité à l’entraide, à la solidarité, qui, à partir de la source, l’Evangile, court à travers l’histoire».

«Amnistie» dans le cadre des célébrations de l’an 2000?

Quant au «The Times» (Londres) il estimait le lendemain que le cardinal Sodano avait laissé entendre par-là qu’une amnistie pour les catholiques dissidents pourrait s’inscrire dans les célébrations du millénaire dans l’Eglise.

La déclaration du cardinal Secrétaire d’Etat, qui a dit avoir trouvé dans les écrits de Hans Küng «de belles pages consacrées au mystère chrétien» a évidemment surpris le théologien. «Comme vous le savez, je n’ai jamais reçu beaucoup de marques d’estime de la part du Vatican. Je pense que cela annonce du nouveau […], de prochains changements dans le climat général de l’Eglise», a-t-il réagi. Et d’ajouter : «Tout changement qui se fonde sur Vatican II et sur l’ouverture de l’Eglise au monde a des conséquences immédiates pour moi-même, car j’ai toujours suivi la ligne de Vatican II». (apic/kna/imed/pr)

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