Brésil: Nouvel assassinat d’un leader du Mouvement des Sans Terre (MST)
Rio de Janeiro, 7 avril 1998 (APIC) Plus de 700 familles de travailleurs ruraux brésiliens sont descendues dans la rue lundi lors d’une marche silencieuse de protestation contre l’assassinat dans l’Etat de Santa Catarina d’un leader du Mouvement des Sans Terre (MST). Sadi Padilha, âgé de 32 ans, responsable des paysans en lutte pour la réforme agraire, a été abattu dimanche par un tueur à gages à la sortie d’une église, dans la ville d’Abelardo Luz.
Il y a dix jours, deux autres leaders du MST – Onalicio Araujo Barros et Valentim Silva Serra – avaient été abattus par des membres de la Police Militaire en congé, à Parauapebas, dans le sud de l’Etat amazonien du Para. Les policiers, qui ont commis ces meurtres à la fazenda « Goias Dois » pour le compte du fazendeiro Carlos Antonio da Costa, sont également impliqués dans le massacre de 19 paysans sans terre à Eldorado dos Carajas, il y a tout juste deux ans, le 19 avril 1996. Ils devraient être jugés cette année encore pour ces crimes.
Têtes mises à prix pour moins de 300 francs
Comme dans le cas précédent, l’assassin – qui a été identifié comme un employé d’un gros propriétaire local – a certainement exécuté un « contrat ». Le responsable d’un parti d’opposition de Santa Catarina a dénoncé le fait que les autorités n’aient pas bougé le petit doigt pour faire arrêter le tueur. Il a déclaré que la tête de deux autres leaders du MST avait été mise à prix pour une somme équivalent à moins de 300 francs suisses.
Pour protester contre la lenteur de la réforme agraire au Brésil, Sadi Padilha avait récemment organisé l’occupation, par près de 300 familles de paysans sans terre, de terrains laissés en friche. Après avoir obtenu un accord avec les autorités, la semaine dernière les occupants avaient mis fin pacifiquement à leur action. Depuis le début de l’année, 14 membres du MST sont déjà tombés sous les balles des tueurs à gages et autres « pistoleiros » au service des latifundistes brésiliens.
Alors que quelques propriétaires « possèdent » plus ou moins légalement des propriétés pouvant atteindre plusieurs centaines de milliers d’hectares, il y a toujours près de 5 millions de familles sans terre au Brésil, tandis que des dizaines de millions d’hectares sont laissés en friche et servent de réserve spéculative. Depuis des années, l’Eglise brésilienne réclame une véritable réforme agraire et proteste contre l’impunité dont jouissent les assassins des paysans sans terre. (apic/kap/be)
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