Les intellectuels chrétiens se mobilisent en faveur de l’ouverture

Sénégal: Cap sur le dialogue islamo-chrétien

Dakar, 10 avril 1998 (APIC) Les intellectuels chrétiens du Sénégal, regroupés au sein d’une structure informelle de réflexion dénommée « Présence Chrétienne » (PC), ont décidé de mettre le cap sur le dialogue islamo-chrétien, après une série de tables-rondes consacrées à la vie politique nationale et à l’organisation des élections législatives du 24 mai prochain. Le cycle du dialogue inter-religieux a lieu durant tout le mois d’avril. Il s’agira aussi de parler de problèmes liés à la pauvreté, à l’insécurité, au renforcement de la paix sociale, à l’insalubrité et à l’éducation.

Théodore NDiaye, président de PC a expliqué que le but de ce cycle de conférences est de permettre, d’une part, aux sénégalais qui sont « ouverts dans l’unité », de pouvoir se rencontrer et dialoguer, et d’autre part, de mettre « en harmonie notre vie de sénégalais, de croyants et de foi avec celle de vie économique et sociale ». Il s’agit, ainsi d’amener les Sénégalais à s’unir pour lutter ensemble contre les difficultés de survie quotidiennes auxquelles ils sont confrontés. Celles-ci interpellent musulmans et chrétiens du pays d’ou la nécessité pour les deux communautés religieuses de « travailler la main dans la main », a souligné M. NDiaye.

Le dialogue islamo-chrétien est un sujet permanent au Sénégal ou il ne constitue pas cependant une préoccupation. Les musulmans, majoritaires à plus de 90% sur une population de plus de 8 millions d’habitants, et les chrétiens (environ 2%), entretiennent des relations pacifiques.

Autre marque de la force du dialogue islamo-chrétien au Sénégal: les relations de bon voisinage. Considérées comme « conviviales », celles-ci se manifestent particulièrement lors des fêtes religieuses: la fin du ramadan musulman, la fête musulmane de la tabaski, le carême catholique, la fête de la nativité, la Pentecôte… Elles sont célébrées avec le même engouement aussi bien dans les foyers chrétiens que musulmans.

Le symbole le plus frappant de ces relations est l’existence, à Ziguinchor, dans le sud du pays, d’un cimetière qui accueille pour le repos éternel des défunts musulmans et chrétiens.

La particularité des relations interconfessionnelles au Sénégal est liée au fait que l’islam dans ce pays est modéré, à cause notamment du la laïcité de l’état, des liens familiaux entre musulmans et chrétiens, ainsi que du rôle important des confréries musulmanes. Le fondateur de l’une de ces confrérie, celle des mourides, le Cheikh Ahmadou Bamba, a d’ailleurs dédié un poème à Marie, écrivant en substance: « Félicité à toi Marie, réceptacle de la pureté tu es au dessus de tous les chastes (…) ». (apic/ihc/pr)

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