Rome: Message pascal Urbi et Orbi de Jean Paul II
Rome, 13 avril 1998 (APIC) Dans son message Urbi et Orbi du dimanche de Pâques, Jean Paul II a proposé la paix de Jésus ressuscité aux responsables des nations de la zone du Moyen Orient et en particulier à Jérusalem où la paix est mise en danger par des «options politiques risquées!». Le Christ vivant peut aussi guérir les blessures des rivalités ethniques qui ont provoqué des luttes fratricides et des massacres, spécialement en Afrique et en Europe et qui «sèment maintenant les germes de la mort et de nouveaux conflits pour de tristes lendemains». Une référence implicite, selon une source vaticane, à la région des Grands Lacs africains et au Kosovo.
Adressant ce message de paix pour «tous ceux qui vivent un calvaire apparemment sans fin, déçus dans leur aspiration au respect de la dignité et des droits de la personne, à la justice, au travail, à des conditions d’existence plus équitables», le pape a rappelé que le «message de paix du Christ ressuscité a été tout d’abord transmis par «des témoins». Témoins du matin de Pâques, mais aussi témoins durant les siècles qui ont suivi ce moment historique inoubliable.
«Certains ont été témoins du Christ jusqu’à l’effusion de leur sang, a noté le pape, et grâce à eux, l’Eglise a continué à marcher au milieu de dures persécutions et de refus obstinés. C’est sur ce témoignage ininterrompu que s’est développée l’Eglise». Et, plus proches de nous, «les témoins de notre siècle ont aussi annoncé le Christ au milieu de la ’grande épreuve’ proclamant sa mort et sa résurrection dans les camps de concentration et dans le goulag, sous la menace des bombes et des fusils, dans la terreur déchaînée par la haine aveugle qui a frappé douloureusement des personnes et des nations entières».
Pour que ces horreurs ne se reproduisent plus
Espérant que les horreurs de ce dernier siècle ne se reproduisent plus pour «l’humanité qui marche vers le troisième millénaire», Jean Paul II a lancé: «Que ce message rende courage à ceux qui ont cru et qui croient toujours au dialogue pour résoudre les tensions nationales et internationales. Qu’il mette dans le coeur de tous l’audace de l’espérance qui naît de la vérité reconnue et respectée. Pour que s’ouvrent dans le monde les horizons nouveaux et prometteurs de la solidarité !»
Une fois ce message prononcé, Jean Paul II, en bonne forme mais affecté d’une légère toux, a souhaité au monde entier, en 57 langues: «Bonne fête de Pâques, dans la joie et la paix du Christ ressuscité!»
Contrairement à l’habitude et faute de temps pour le rendez-vous précis de la mondiovision à midi, le pape n’est pas monté sur le balcon de la basilique, pour prononcer ce message, mais il est resté à l’autel, sur la place Saint-Pierre où il avait auparavant présidé la messe du jour, en plein air, devant plus d’une centaine de milliers de personnes et devant ’un extraordinaire parterre de fleurs composé de plus de 25 familles végétales différentes dont 50 rhododendrons, 100 azalées, 15’000 tulipes, 2’500 jacinthes, 2’000 narcisses et 2’500 chrysanthèmes blanches et jaunes. Des fleurs offertes traditionnellement depuis treize ans pour chaque fête de Pâque par les horticulteurs hollandais. Ce jardin coloré animait singulièrement cette année la place Saint-Pierre, défigurée et rendue anonyme, par l’échafaudage gris couvrant toute la façade de la basilique en cours de restauration pour le Jubilé de l’an 2000.
Parmi les intentions de prières de la messe du jour, une femme chinoise a prié dans sa langue pour que «les responsables des nations et des organismes internationaux soient des opérateurs de paix, artisans infatigables pour tisser des relations de justice et de liberté et ayant une sollicitude attentive pour les pays pauvres».
«Nos frères aînés les juifs»
Une autre personne a prié en langue portugaise pour «nos frères aînés, les juifs : que la fidélité au Dieu de nos pères les renforcent face aux difficultés de la vie. Que la mémoire de leur Pâque, fassent d’eux des partisans intrépides de la liberté et de la paix». Les juifs qui, cette année, fêtaient en même temps la Pâque juive, depuis vendredi soir, alors que les orthodoxes célébraient le dimanche des Rameaux.
La veille, lors de la vigile pascale, Jean Paul II avait baptisé 9 catéchumènes, dont quatre Chinois, un Canadien, un Colombien, un Indien, un Italien, et un Sud-Africain. Dans son homélie, il avait insisté sur le fait que «l’homme, fils prodigue, qui a dilapidé dans le péché le bien précieux de sa liberté, recouvre sa dignité perdue. ’Faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance’. Comme ces paroles résonnent vraies et profondes dans la nuit de Pâques ! Et quelle ineffable actualité elles revêtent pour l’homme de notre temps, si conscient de sa capacité à dominer l’univers, mais si souvent désorienté par rapport au sens authentique de son existence, dans laquelle il ne sait plus reconnaître les traces du Créateur!» (apic/imed/ba)
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