L’opposition espère accéder au pouvoir le 24 mai

Sénégal: Le cardinal Thiandoum lance un appel pour des élections législatives calmes

Dakar, 13 avril 1998 (APIC) Le cardinal Hyacinthe Thiandoum, archevêque de Dakar, a lancé dimanche un appel pour un scrutin pacifique, démocratique et transparent, le 24 mai prochain au Sénégal, à l’occasion de l’élection des 140 députés du parlement du pays. L’archevêque qui prononçait son homélie devant près de 2’000 fidèles, lors de la célébration de la messe de Pâques, a estimé que le respect de ces principes fera honneur au pays, puisque c’est « la nation entière qui doit sortir vainqueur de ces consultations électorales ».

Pays « profondément croyant », le Sénégal, dans des circonstances historiques décisives, s’en est toujours remis à Dieu, a ajouté le cardinal Thiandoum, soulignant que les responsables de la société civile, les chefs religieux et les simples citoyens, « conscients de l’enjeu » de ces élections, « agiront afin que soit respectée la loi d’amour ».

Cette déclaration du chef de l’Eglise catholique du Sénégal est la seconde en l’espace de deux mois, sur le même sujet. Il avait déjà élevé la voix en février pour exprimer son inquiétude face aux troubles pré-électoraux qui commençaient à se répandre dans le pays.

Un appel semblable, demandant des élections législatives démocratiques et calmes, avait été aussi lancé, le 8 avril dernier, par les chefs musulmans sénégalais dans leurs prêches délivrés lors de la prière de la fête de Tabaski. C’est ainsi que l’imam de la grande mosquée de Dakar, El Hadj Maoudo Sylla, a dénoncé, devant un parterre de fidèles dont le président Abdou Diouf, les « oiseaux de mauvais augure » qui dramatisent les prochaines joutes électorales.

Le chef de la Confrérie musulmane mouride, la plus puissante du pays, Sérigne Saliou MBacké, a pour sa part plaidé en faveur d’élections démocratiques sans violences, précisant qu’il ne donnerait aucune consigne de vote à ses fidèles, comme il était de tradition avant son avènement au Califat en 1992.

Les élections législatives du 24 mai seront les dernières consultations électorales du siècle au Sénégal. Une vingtaine de partis politiques brigueront le suffrage des quelque 4 millions d’électeurs des deux sexes. Les partis politiques de l’opposition, dirigés par le Parti Démocratique Sénégalais (PDS, de loin la formation la plus importante) comptent réaliser l’alternance, en battant le Parti Socialiste (PS), au pouvoir depuis l’indépendance du pays en 1960.

Depuis 1988, le scrutin au Sénégal est émaillé d’incidents pour cause de contestation des résultats toujours favorables au président Abdou Diouf et à son parti, le PS. Les troubles post-électoraux les plus graves ont eu lieu en 1993, avec l’assassinat du vice-président du Conseil Constitutionnel, Me Babacar Sèye. Le Conseil Constitutionnel, la plus haute instance judiciaire du pays, est chargée de la proclamation des résultats des élections au Sénégal. (apic/ibc/ba)

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