Moscou: Alexis II estime qu’une rencontre avec le pape n’est toujours pas possible
Moscou, 15 avril 1998 (APIC) Le patriarche orthodoxe russe, Alexis II repousse l’idée d’une prochaine rencontre avec le pape Jean Paul II. Dans son message pour la fête de Pâques (orthodoxe), invoque la persistance des problèmes entre orthodoxes et catholiques en Ukraine – problème uniate – , l’activité missionnaire catholique parmi les orthodoxes, et le manque de compréhension entre les deux Eglises pour régler ces difficultés.
La fête de Pâques orthodoxe 1998 est fêtée le 19 avril. Cet événement est toujours l’occasion pour le Patriarche orthodoxe russe Alexis II, d’écrire une lettre à ses fidèles où il fait le point sur une série de sujets. Parmi eux, les relations avec les catholiques.
«A l’heure actuelle, la position dominante dans l’Eglise orthodoxe, est que le terrain pour une telle rencontre n’est pas encore suffisamment préparé», relève-t-il en outre dans une interview accordée à Moscou.
Dans sa lettre invoque trois raisons fondamentales qui retardent cette rencontre historique, d’ailleurs déjà annulée au dernier moment, en juin 1997.
La première concerne les relations officielles entre l’Eglise orthodoxe et l’Eglise catholique: «Nous n’avons toujours pas le degré nécessaire de compréhension entre nos deux Eglises tant sur les problèmes que sur les solutions pour les résoudre». La seconde objection porte sur la permanence des tensions entre les deux Eglises en Ukraine occidentale (problème uniate). Troisième problème évoqué par le patriarche Alexis II dans sa lettre : «la persistance de l’activité de missionnaires catholiques parmi des peuples baptisés orthodoxes et avec des racines orthodoxes.(…) Ils ont alloué des ressources substantielles pour de ce genre d’activités en Russie et dans les 12 autres états indépendants (de l’ex-Union Soviétique) impliquant des centaines, si ce n’est pas des milliers de prêtres, de religieux et de laïcs», insiste le leader orthodoxe (ndr: La Russie d’Europe compte environ 130 prêtres. Quant à la Sibérie, elle ne compte guère plus de 70 prêtres, soit un total de 200 prêtres catholiques pour l’ensemble de la Russie).
«Tant que de sérieux et clairs progrès pour résoudre ces problèmes ne seront pas constatés, la majorité des orthodoxes ne pourra pas accepter positivement ma rencontre avec le pape», estime-t-il. Selon lui, une rencontre prématurée aurait pour effet, «pour certains, d’étendre leurs propres ambitions avec la tentation de poursuivre sur la ligne d’un triomphalisme agressif. Pour d’autres, elle serait une raison de céder à la tristesse, et à la déception, pour le manque de compréhension ou à la tentation d’aller au devant d’une forte confrontation. (apic/imed/pr)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse