La famille traditionnelle est en danger en Corée

Rome: Synode pour l’Asie

Rome, 22 Avril 1998 (APIC) Mgr Nicholas Cheong Jin-Suk, évêque de Ch’ongju et président de la Conférence épiscopale coréenne, a insisté sur les caractéristiques de la famille coréenne traditionnelle, et dénoncé sa mise en danger par une «culture de la mort». L’évêque est intervenu mardi 21 avril, lors de la 4e assemblée générale du Synode des évêques pour l’Asie. Mercredi à Rome, on laissait en outre entendre que le télégramme d’invitation adressé aux deux évêques chinois avait été transmis aux autorités chinoises compétentes.

Mgr Cheong a souligné que dans les cultures orientales la famille est étendue à 3 générations, que les liens sont étroits et que les préceptes familiaux et la piété filiale envers les anciens sont des valeurs importantes. Il a relevé aussi le respect de la vie dont témoignent traditionnellement les familles coréennes en traitant les femmes enceintes et l’enfant qu’elles portent avec un respect particulier. «A sa naissance le bébé est considéré comme étant âgé d’un an».

Pourtant, Mgr Cheong regrette l’augmentation du nombre des divorces (1 sur 5 couples), ce qui entraîne, dit-il, la «paupérisation» et la «dégradation» des femmes et des enfants. Il dénonce la diffusion de l’avortement, en particulier par sélection des garçons au dépens des petites filles. Il demande que la pastorale considère le soutien aux familles comme une priorité et que des efforts soient faits dans les domaines médical, juridique, éducatif et socio-culturel pour favoriser une «culture de la vie».

Plusieurs évêques ont également souligné lors de cette session la nécessité de mettre l’accent sur la réalité des «églises locales». «L’Eglise locale est l’Eglise réelle. Le mystère de l’Eglise devient vraiment et réellement présent dans l’Eglise locale», a affirmé Mgr Kuriakose Kunnacherry, évêque indien de Kottayam, des Siro-Malabars.

Pour Mgr Francis X. Kaname Shimamoto, archevêque de Nagasaki (Japon), l’Eglise asiatique doit se défaire du «vêtement européen», en particulier, en retrouvant son identité de «terre de contemplation, d’ascétisme et de profonde spiritualité». Il a insisté sur la nécessité de devenir de plus en plus «priante» par sa liturgie et la «prière publique du peuple de Dieu». Pour lui, la liturgie «devra être une expression plus en consonance avec l’âme du peuple asiatique qui prie et adore le Dieu de Jésus-Christ».

Enfin, ce même évêque, ainsi que plusieurs de ses collègues ont tiré le signal d’alarme au sujet de la pollution atmosphérique et la dégradation de la création, comme devant constituer une interpellation pour les catholiques.

Télégramme d’invitation aux deux évêques chinois dans les mains des autorités

Dans le cadre du Synode toujours, on murmurait mercredi à Rome qu’un télégramme adressé à l’évêque chinois du diocèse de Wanxian, Mgr Matthias Duan Yinming, âgé de 90 ans, ainsi qu’à son auxiliaire, Mgr Joseph Xu Zhixuan, 81 ans, les invitant formellement à participer au Synode, a été transmis par les intéressés aux autorités chinoises en vue de l’obtention des papiers nécessaires pour se rendre à Rome. (apic/imed/ab/pr)

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