Les chrétiens du Moyen-Orient au centre des débats

Rome: Synode pour l’Asie

Rome, 24 avril 1998 (APIC) Le maintien de la présence chrétienne au Moyen-Orient a été l’un des points centraux de la réflexion des quelque 250 participants du Synode pour l’Asie qui arrive au terme de sa première semaine de débats. Les sessions de jeudi et de vendredi ont offert l’occasion aux laïcs, ainsi qu’aux délégués des autres Eglises présents au synode de prendre la parole

La première auditrice à prendre la parole a été Theresa Ee-Chooi, Vice-présidente de l’Union catholique internationale de la presse (UCIP) (Malaisie). Elle a affirmé que la tradition contemplative et mystique chrétienne est trop ignorée par les chrétiens d’Asie. Elle a souligné que dans ce continent la façon la plus habituelle d’approcher le divin est le silence et non la parole. Elle a souhaité que l’on fasse partager à ces peuples d’Orient «l’extraordinaire tradition de notre mystique chrétienne» et avertissant: «L’Asie est un continent profondément religieux, mais si l’Eglise ne satisfait pas leur profond désir et leur soif du divin, les laïcs regarderont ailleurs». Elle a relevé aussi que le témoignage chrétien passe par le témoignage d’une vie «intègre dans une société où tout est sacrifié sur l’autel de la croissance économique.

Le drame des populations chrétiennes du Moyen-Orient

Bernard Epiphan Sabella, professeur à l’Université de Bethléem, a souligné le drame de l’émigration des chrétiens arabes pour des raisons politiques, économiques et sociales dans la région où «est né Notre-Seigneur». Il pose la question de la continuité et de la survie des communautés chrétiennes dans la région, comme un défi pour l’Eglise. Pour y répondre, il préconise trois voies: un «approfondissement de nos racines religieuses», «l’ouverture aux autres sociétés», et la recherche de moyens pratiques d’assurer cette continuité et cette survie des communautés. «Le synode devrait donner des possibilités d’établir des liens avec d’autres Eglises d’Asie, de façon à apprendre d’elles et ensemble des voies nouvelles et des moyens de témoigner devant nos sociétés».

Autre représentant du Moyen Orient, le patriarche irakien Raphael Ier Bidawid, de Babylone des Chaldéens, a mentionné la continuité historique et spirituelle entre les Eglises «mères» du Proche-Orient et les Eglises de la grande Asie qui sont comme leurs filles. Le patriarche déplore que l’activité missionnaire soit «actuellement paralysée par le fait de la domination de l’Islam» dans les territoires où vivent les fidèles de son Eglise et en raison des «lois prohibitives et coercitives contre toute forme de prosélytisme». «Notre activité missionnaire sera inspirée par une «co-existence» fraternelle inspirée par la charité», a-t-il conclu.

Discours oecuménique pour le patriarche latin de Jérusalem, Mgr Michel Sabbah. Il a souligné que les 300’000 chrétiens du diocèse qui enjambe Israël, la Palestine et la Jordanie, sont immergés au milieu de 12 millions d’habitants en majorité musulmans. «Jérusalem, la Mère des Eglises est aujourd’hui une petite Eglise, plus encore, un ensemble de petites Eglises, 13 en tout: à Jérusalem, nous sommes trois patriarches, dix archevêques, évêques ou vicaires patriarcaux de différentes Eglises, catholiques, orthodoxes et protestantes». «De la paix de Jérusalem dépend la paix de la région et du monde. De la paix et de la stabilité de Jérusalem, dépend aussi la survie du petit nombre des chrétiens qui y reste». Mais, à part le Saint-Siège et la Conférence des évêques des Etats-Unis d’Amérique, Mgr Sabbah relève le «silence étrange» des autres Eglises sur la question de Jérusalem.

K.M. George, recteur du séminaire orthodoxe de l’Eglise Malankar orthodoxe, qui s’exprimait au titre de délégué fraternel a fait la distinction entre la démarche colonisatrice ayant pour but le profit, et la démarche des évangélisateurs de l’Asie. Il a souhaité pour le progrès de l’évangélisation, une «purification de l’espace asiatique des dominations économique et culturelle». Il a en outre exprimé le désir le jubilé de l’an 2000 ne soit pas l’occasion de la «célébration triomphaliste d’une culture sur une autre». (apic/imed/mp)

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