«Cimetière» marin non loin des côtes québécoises
Toronto, le 24 avril 1998 (APIC) L’Armée du Salut du Canada s’efforce d’empêcher les opérations de récupération des lingots de nickel dans l’épave du navire «The Empress of Ireland» dans le Golfe du Saint-Laurent. Lors de son naufrage en 1914, 1’014 personnes avaient péri parmi lesquelles 150 membres de l’Armée du Salut.
A l’heure où le film «Titanic» attire des millions de spectateurs dans les salles de cinéma du monde entier, une catastrophe d’une égale importance est mise en lumière. Sans la présence sur son pont du premier orchestre de cuivres et de cadres de l’Armée du Salut, le naufrage du «The Empress of Ireland» serait peut-être définitivement tomber dans les oubliettes de l’histoire.
Au milieu de la nuit, naviguant dans un épais brouillard, non loin de la côte du Québec, le navire avait été heurté de l’avant par un cargo norvégien transportant du charbon «le Storstad» Il a coulé en l’espace de 14 minutes. L’épave, qui renferme des restes humains, se trouve aujourd’hui à 50 mètres de fond. Ce naufrage est considéré comme la plus grande catastrophe maritime du Canada.
Seule la législation du gouvernement provincial ou fédéral peut empêcher le projet de récupération. Il est prévu de percer par explosion un trou dans la cale du navire pour récupérer un million de dollars canadiens en lingots de nickel transporté par le navire. Or, l’explosion devrait projeter et disperser les restes humains sur le lit du fleuve.
Outre l’Armée du Salut, le Musée de la Mer de Rimouski (Québec) et des agences de tourisme envisagent de présenter une pétition aux gouvernements fédéral et provincial du Québec pour que l’on ne trouble plus le repos de ce qu’ils considèrent comme un cimetière marin. Un millier de plongeurs sont venus dans cette zone l’été dernier pour voir l’épave. Les initiateurs de la pétition veulent que toute opération de plongée soit interdite jusqu’à l’adoption d’une législation protégeant le cimetière marin.
Dernière survivante du naufrage du «The Empress of Ireland», Grace Martin est morte voici deux ans. Elle avait sept ans lors de la catastrophe, et sur les 134 enfants présents à bord, seuls quatre avaient survécu. David Zeni, auteur du livre «Forgotten Empress» a précisé que l’on a moins parlé de ce naufrage que celui du Titanic en 1912, parce que la première guerre mondiale a éclaté deux mois après. (apic/eni/ab)
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