Brésil: La Conférence épiscopale lance une campagne contre la corruption électorale

Pour punir les candidats « qui achètent les votes »

Brasilia, 28 avril 1998 (APIC) La Conférence nationale des évêques du Brésil (CNBB) lance une campagne contre la corruption électorale. Elle souhaite récolter plus d’un million de signatures pour une initiative populaire pour une modification de la loi électorale en vigueur.

Le texte du projet a été préparé par une équipe de spécialistes en législation électorale présidée par Aristides Junqueira, ancien procureur de la République. La nouvelle loi prévoit entre autres que tout candidat « qui achète des votes » doit être puni pénalement et rayé des listes électorales.

La Campagne lancée par la CNBB, dès le 12 mai, est le résultat d’une vaste enquête promue par la Commission « Justice et Paix » lors de la Campagne de la Fraternité 1996 dont le thème était précisément l’action des chrétiens dans le domaine politique.

Selon l’enquête, la forme de corruption électorale la plus répandue est le troc d’une promesse de vote pour tel candidat qui propose en échange un avantage matériel. « Je t’offre, au choix, une paire de pantalon, le paiement de ta facture de dentiste, voire des briques pour construire une partie de ta maison, mais alors tu votes pour moi », sont des conversations courantes en période électorale. Des manières plus sophistiquées ont été découvertes, comme « le vote sur carbone ». L’électeur vote sur un papier carbone pour prouver qu’il a choisi le bon candidat. Et qu’il puisse recevoir sa récompense.

La Constitution fédérale brésilienne prévoit qu’il faut au moins 1 million de signatures pour que le projet de loi puisse être présenté au Congrès. « Si nous arrivons à recueillir 2 ou 3 millions de signatures, nous aurons un poids politique plus conséquent », relève Chico Whitaker, secrétaire général de Justice et Paix.

Pour appuyer la récolte des signatures et ensuite faire pression sur les parlementaires, la campagne de la CNBB peut déjà compter sur l’appui déterminé d’une centaine de syndicats, d’organisations non-gouvernementales (ONG), de mouvements populaires, comme celui des paysans sans terre (MST), voire de secteurs de l’Ordre des avocats du Brésil (OAB).

Mgr Ivo Lorscheiter, évêque de Santa Maria (Etat de Rio Grande do Sul), se réjouit de cette campagne de la récolte des signatures: « Pas mal de gens s’irritent que l’Eglise s’engage dans ce domaine politique. Mais l’Eglise en dénonçant les irrégularités favorise le renforcement de la démocratie. Si les élections sont le meilleur moyen de parvenir à ce but, il faut donc que ce processus électoral soit le plus propre possible et que les fraudeurs soient punis. »

Le moment pour lancer la récolte des signatures est bien choisi, car 1998 est précisément une année électorale. Le 4 octobre en effet, les citoyens et citoyennes du Brésil éliront non seulement le président de la République, mais encore 27 gouverneurs (pour les 26 Etats brésiliens plus celui du District fédéral (Brasilia), 27 sénateurs ( un tiers du total de 81), 513 députés fédéraux et 1045 députés des législatifs des Etats. (apic/plp/ba)

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