Réduire la distance entre Eglises d’Orient et d’Occident.
Rome, 29 avril 1998 (APIC) Le sort de quelque 10 millions de catholiques de Chine a de nouveau été au centre de l’attention des participants au Synode sur l’Asie. « Nous devons faire confiance en l’Eglise chinoise » a souligné le Père Jeroom Heyndrickx, directeur de la fondation « Ferdinand Verbiest » de l’université catholique de Louvain (KUL) (Belgique). L’insistance sur l’unité de l’Eglise, et la nécessité de réduire « la distance » ecclésiale existant entre Orient et Occident, a dominé la treizième congrégation générale de mercredi
Il faut faire vraiment confiance en l’Eglise chinoise, insiste le père Heyndrickx, parce que cette Eglise a déjà franchi « plusieurs persécutions » pendant son histoire et qu’elle est « en train de se reconstruire une seconde fois en un siècle. Cette confiance, ajoute-t-il, doit aussi aider ces Eglises « à aider leur gouvernement à distinguer entre les relations diplomatiques avec le Vatican, et les relations, dans la foi, de l’Eglise chinoise avec le Saint-Siège. »
Quant à l’ensemble de l’Eglise, souligne encore le père Heyndrickx, elle a aussi une responsabilité, car « nos propres divisions internes continue de confirmer la division à l’intérieur de l’Eglise chinoise ». Les Eglises d’Asie se trouvent, quant à elles, en première ligne, pour « coopérer » avec l’Eglise chinoise, car elles ont « tellement à lui offrir ».
Cet appel, pour une Eglise persécutée qui doit être respectée en tant que telle, mais aussi le plus possible aidée, a été repris comme un écho par le jésuite Mgr Joseph Werth, administrateur apostolique de Sibérie. « Notre solidarité pour les Eglises persécutées ne doit pas manquer » a-t-il lancé, citant en particulier la Chine et la Corée. Le souvenir encore cuisant et amer d’avoir été une Eglise « persécutée et oubliée » reste au cœur des chrétiens de Sibérie. « Combien furent à l’époque encourageantes les nouvelles qui pouvaient nous parvenir et qui faisaient part de la solidarité de l’Eglise universelle avec nous ».
Insistance sur l’unité de l’Eglise
Ce thème de la solidarité est aussi revenu dans la bouche du cardinal Etchegaray, président du Conseil Pontifical Justice et Paix. « Dans quel Synode sommes-nous ? a-t-il lancé. Plus que de l’Asie, il faudrait parler de l’Orient ; ce mot poussé à l’extrême souligne tout ce qui sépare l’Orient de l’Occident, culturellement plus encore que géographiquement. Ce Synode doit nous faire prendre conscience de cette même distance sur le plan religieux et, en ce sens, je le considère comme le plus important, le plus significatif de tous les Synodes, le grand test qui témoignera de la capacité de l’Eglise à incarner le message du Christ sauveur, partout, du lever au coucher du soleil ».
Un thème repris encore par le cardinal Angelo Sodano, Secrétaire d’Etat du Vatican, qui insiste sur l’unité de l’Eglise. « Il serait curieux aujourd’hui, au moment où l’on se dirige vers une plus grande globalisation de l’humanité, que l’Eglise ait seulement un mouvement centrifuge, sans revenir aussitôt par un mouvement centripète, vers le rocher de l’unité ecclésial, qui est Pierre vivant dans ses successeurs. » Le cardinal Sodano souhaite que « le magistère du pape soit toujours plus fidèlement écouté, et que les normes (…) soient toujours suivies dans un profond esprit filial ».
Pour sa part, le cardinal Ratzinger, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, a constaté : « Une foi arrogante serait une contradiction, elle apparaîtrait comme un absolutisme de sa propre doctrine, alors que la foi est une expropriation de soi, une communion avec Jésus-Christ ». Quant aux « institutions » conclut-il, « il est toujours nécessaire d’examiner si elles sont toujours utiles. Le seul élément institutionnel nécessaire pour l’Eglise, est celui donné par le Seigneur : la structure sacramentelle du Peuple de Dieu, centrée sur l’eucharistie ». (apic/imed/mp)
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