Timor-Oriental: Des représentants de l’Union européenne bientôt en mission dans la région
Bonn, 4 mars 1998 (APIC) Les ambassadeurs de la «troïka» européenne accrédités à Jakarta se rendront dans les mois prochains en mission au Timor oriental, a indiqué le ministre allemand des Affaires étrangères, Klaus Kinkel.
Lors d’une rencontre avec Mgr Carlos Ximenes Belo, administrateur apostolique du diocèse de Dili et prix Nobel de la paix 1996, le ministre a précisé que les représentants de la Grande-Bretagne, du Luxembourg et de l’Autriche devront se faire sur place une image précise de la situation de cette région annexée par l’Indonésie en 1975 .
Le ministre Kinkel a plaidé pour une solution juste et globale de la situation du Timor oriental où l’on doit respecter les droits de l’homme.» Une telle solution reconnue sur le plan internationale ne peut que passer par la voie du dialogue.
De passage à Rome, il y a quelques jours, pour recevoir le titre de «docteur honoris causa» en théologie de l’Université Pontificale Salésienne de Rome, Mgr Belo, a déclaré que la situation n’avait pas changé à Timor après la remise du Prix Nobel de la paix 1996. «Les habitants ne peuvent s’exprimer. Ceux qui luttent pour l’indépendance à l’égard de l’Indonésie continuent à être poursuivis. Mes efforts vont pour une solution pacifique, fruit du dialogue entre tous les interlocuteurs – Portugal, Indonésie et ONU – mais l’Indonésie reste sourde à nos appels».
Mgr Belo a salué les efforts de Nelson Mandela, président d’Afrique du sud et de Koffi Annan, secrétaire général des Nations Unies. Nelson Mandela a rencontré en septembre dernier le gouvernement indonésien et l’opposition. Mgr Belo s’est rendu lui-même à Johannesburg, mais la tentative du président sud-africain a été freinée par les autorités indonésiennes. Quant à Koffi Annan, il a nommé James Marker, un Pakistanais, comme observateur personnel chargé de la situation de Timor Oriental; mais, pour l’évêque, «la solution politique est encore lointaine».
Le prix Nobel de la paix a demandé aux gouvernements européens de mettre tout en oeuvre, de concert avec l’ONU, «en vue d’une solution juste et honorable» qui doit être «politique et non militaire». Le prélat est également inquiet de l’exode des jeunes du Timor Oriental qui s’enfuient et cherchent à atteindre le Portugal. Tout en comprenant leurs raisons, l’évêque n’hésite pas à souligner que la bataille pour l’indépendance et pour l’autodétermination se fait de l’intérieur.
Pas de changements en vue après les élections présidentielles
L’évêque de Dili n’attend pas non plus de changements après les prochaines élections présidentielles en Indonésie, puisqu’il estime que le président Suharto, au pouvoir depuis 1967, sera certainement réélu. Le problème du choix du vice-président reste par contre ouvert. Il ne reste qu’un seul candidat en liste Bacharuddin Habibie, Ministre de la recherche et de la technologie. M. Habibie, appuyé par les islamistes intégristes, est mal vu par le Fonds monétaire international (FMI) qui le considère parmi les principaux responsables de la faillite économique en Indonésie. A la seule hypothèse de la nomination du responsable de l’expansion de l’industrie lourde et des projets désastreux de production d’avions et de voitures indonésiens, la roupie a atteint ses niveaux les plus bas, rappelle Mgr Belo. (apic/fides/mp/ba)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse