Prêtre marxiste? «Une raison suffisante de le torturer»
Santiago/Madrid, 8 mars 1998 (APIC) Convoqué devant le tribunal espagnol qui enquête sur les cas des citoyens espagnols disparus pendant la dictature du général Pinochet (1973-90), l’évêque luthérien chilien Helmut Frenz a déclaré que le dictateur justifiait les crimes et tortures commis pendant qu’il était au pouvoir par l’affirmation que les victimes «étaient marxistes et communistes».
L’évêque luthérien, qui avait dû s’exiler entre 1975 et 1990, a expliqué qu’il avait rencontré Pinochet alors que lui-même et l’évêque auxiliaire catholique de Santiago, Mgr Fernando Aritzia, enquêtaient sur la disparition d’un prêtre catholique espagnol, le père Antonio Llido. Pinochet, assure l’évêque luthérien a reconnu qu’il était au courant de la disparition du prêtre. Il a ajouté: «Ce n’est pas un prêtre, c’est un marxiste, ce qui est une raison suffisante de le torturer».
Tandis que ce procès se déroule en Espagne, la mobilisation pour empêcher l’ancien dictateur d’entrer au Sénat avec un mandat à vie prend de l’ampleur au Chili. Le Mouvement pour la Dignité nationale, qui rassemble plusieurs partis et organisations, espère récolter près d’un million de signatures de Chiliens demandant au président Eduardo Frei une réforme constitutionnelle qui mette fin à cette pratique de sénateurs désignés – et non élus – à vie. (apic/cip/pr)
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