Mauritanie: Ouverture du procès en appel contre des militants anti-esclavagistes
Dakar, 16 mars 1998 (APIC) Le procès en appel de quatre militants anti-esclavagistes s’est ouvert dimanche à Nouakchott, en Mauritanie, sous haute surveillance policière. La police et des blindés anti-émeutes ont été déployés aux alentours du Palais de justice de la capitale mauritanienne où a lieu le procès.
Le 12 février dernier, la justice mauritanienne avait condamné à une lourde peine de 13 mois de prison ferme des membres de l’association «Sos-esclavagiste», une organisation qui lutte contre la pratique de l’esclavage en Mauritanie, où tout débat autour de cette question est tabou. Il s’agit de Boubacar Ould Messaoud, président de l’organisation, de l’avocat Cheikh Saad Bouh Camara, membre de l’Association mauritanienne de défense des droits de l’homme et de deux autres personnes.
Ils ont été reconnus en première instance coupables d’appartenance à des associations «non autorisées et de propagation d’allégations mensongères». Ils avaient participé à la réalisation d’une émission de télévision française sur l’esclavage dans le pays.
Leur condamnation a suscité une vaste campagne de réprobation et de mobilisation internationales des organisations de défense des droits de l’homme. La Fédération internationale des droits de l’homme, a suivi le procès. Amnesty International, la Ligue africaine des droits de l’homme et des peuples, entre autres, ont dénoncé la sentence.
Cette vague de contestation a contraint la justice mauritanienne à battre en retraite, en accédant à la demande des avocats de la défense qui avaient fait appel. A l’ouverture du procès en appel, les avocats de la défense ont réclame l’acquittement des trois militants pour vice de procédure.
Selon le bâtonnier de l’ordre des avocats mauritanien et président du collectif de la défense, la procédure «n’est pas régulière». Certains articles du code pénale n’ont de plus pas été respectés, affirme-t-il. (apic/ihc/pr)
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