Le fait n’est pas habituel. Radio Vatican, dans le document de préparation du voyage de Jean-Paul II au Nigéria a publié une liste chronologique des effractions connues contre les droits de l’homme commises par le général Sani Abacha depuis son arrivée au pouvoir.

Un régime qui inquiète le Vatican

La liste commence moins de six mois après le coup d’Etat de ce général, le 17 novembre 1993. En effet, le 23 juin 1994, il fait arrêter le principal opposant du régime, Moshood Abiola, qui était en fait le probable vainqueur des élections présidentielles avortées de 1993.

En mars 1995, une vague impressionnante d’arrestations a lieu pour prévenir un supposé coup d’Etat militaire. Le 8 juillet de cette même année, les évêques du Nigeria interviennent pour éviter que ces personnes ne soient passées par les armes. Mais le 18 juillet, «une pluie de condamnation à mort et d’exécutions» ont lieu, ce qui suscite un appel spécial du pape. Le 8 novembre de cette année noire, l’écrivain nigérian Ken Saro-Wiwa est exécuté avec huit de ses compagnons, tous accusés d’activisme politique alors qu’ils se battaient pour les droits de l’homme. A la suite de ces exécutions les premières mesures d’embargo économiques seront imposées par la communauté internationale contre le Nigéria. Le 12 novembre, le pape déplore ces exécutions lors de l’angélus dominical.

Enfin, le 9 décembre de cette année 1995, la journaliste Christine Anyanwu, prix 1995 de «Journalistes sans frontières» est arrêtée.

Le 4 juin 1996, l’épouse de l’ancien candidat à la présidence de la République, arrêté en 1994, Moshood Abiola, est assassinée.

La liste continue en 1997, avec l’assassinat de deux prêtres en février. Le 12 mars, le prix Nobel de la littérature, Wole Soyinka est à son tour incriminé pour trahison et terrorisme. De son exil américain, il a d’ailleurs prévenu le pape qu’il rencontrait «le Pinochet d’Afrique».

Le 14 juin 1997, une mission de l’ONU au Nigéria enquête sur les droits de l’homme. Elle rend son rapport qui se résume par ce mot : «terrible».

Le 28 octobre de la même année, pour la troisième année consécutive, le Nigéria est suspendu du Commonwealth.

Pour 1998, la note de Radio Vatican, mentionne, en février, «l’augmentation des attaques contre les paroisses catholiques et en particulier contre les prêtres. 22 paroisses auraient été ainsi attaquées. Lors de l’une de ces actions, un évêque Mgr Emmanuel Otteh fut blessé, et une religieuse, soeur Ebegbulum, a été tuée. (apic/jmg/mp)

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