Nigéria: Jean Paul II appelle à la collaboration entre chrétiens et musulmans
Abuja, 23 mars 1998 (APIC) Le pape a conclu son deuxième jour de voyage au Nigéria par une rencontre avec l’ensemble des communautés musulmanes de ce pays. Jean Paul II a lancé un appel à la collaboration entre les deux religions monothéistes au Nigéria. «Elle doit aussi se réaliser, a-t-il ajouté, dans toute l’Afrique et dans le monde entier».
Lors de son premier voyage au Nigéria en 1982, les communautés musulmanes avaient refusé de le rencontrer. Cette fois, selon le Vatican, ce sont elles qui ont invité le pape. Le rendez-vous a eu lieu dans la soirée du dimanche à la nonciature apostolique de Abuja, la capitale du pays.
La délégation musulmane était conduite par le sultan Maccido de Socoto, en grande tenue verte, ornée d’arabesques. Il était accompagné de 34 leaders musulmans venus de toutes les régions du pays. Le climat a été très cordial. Dans son allocution, le sultan a rendu hommage au rôle «de promoteur de paix et de dialogue entre toutes les confessions religieuses» tenu par le pape.
Le sultan a aussitôt mis en cause la conspiration de nations hostiles contre le Nigéria, qui «agissent en particulier contre notre pays par l’endettement». Il a cité par contre le Vatican en deuxième position dans la liste des cinq amis du Nigéria, après l’Arabie Saoudite, et avant Israël, la Lybie et la Chine.
Revenant sur la collaboration nécessaire entre les deux religions, Jean Paul II a déclaré: «Nous partageons la foi en un Dieu unique, miséricordieux qui jugera les hommes à la fin des temps. Certes nous n’avons pas la même façon de comprendre ce Dieu unique, mais nous sommes semblables dans notre effort pour connaître et accomplir sa volonté. Cette aspiration religieuse constitue en soi un lien spirituel entre chrétiens et musulmans. Un lien qui peut constituer une base solide et large de collaboration en de nombreux domaines. C’est important partout où des chrétiens et des musulmans vivent ensemble.»
Valeurs communes
Jean Paul II a ensuite énuméré les valeurs communes entre les deux religions: la famille, la défense de la vie dès son commencement et jusqu’à sa fin, la responsabilité des individus, la protection de l’environnement. «Nous avons tant d’enseignements en commun a souligné le pape, concernant la bonté, la vérité et la vertu, qu’une grande compréhension est possible entre nous. Elle est même nécessaire.»
Le pape s’est ensuite inquiété de la situation actuelle des droits de l’homme parce que «dans certaines parties du monde, les personnes sont encore poursuivies et emprisonnées pour des motifs de conscience et pour leur credo religieux. Ces victimes innocentes représentent la triste preuve que c’est la force qui prévaut – et non les principes démocratiques – et que l’intention dans ce cas n’est pas de servir le bien commun mais de défendre des intérêts particuliers à tout prix.»
Violence perpétrée au nom de la religion
Dans cette perspective, le pape s’est élevé contre «l’utilisation sans scrupule» de la religion pour générer des conflits. «Il faut être clair. Quand la violence est perpétrée au nom de la religion, il faut affirmer en toutes circonstances qu’il ne s’agit pas alors d’une vraie religion».
«Les chrétiens et les musulmans a-t-il encore déclaré, sont d’accord sur le fait qu’il ne peut pas y avoir de coercition en matière religieuse. Nous nous sommes engagés à promouvoir des attitudes d’ouverture et de respect vis-à-vis des fidèles des autres religions. De ce lieu central d’Afrique occidentale, je lance un appel à tous les musulmans Faites que l’amitié et la coopération soient notre inspiration commune. Travaillons ensemble pour construire une nouvelle ère de solidarité». (apic/imed/ba)
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