Réforme de l’Eglise: Le cardinal Sodano reprend la réflexion du cardinal Congar

« Vraie et fausse réforme dans l’Eglise »

Rome, 25 mars 1998 (APIC) « Vraie et fausse réforme dans l’Eglise » (titre du livre de Y. Congar): tel aurait pu être le titre de l’intervention du cardinal Angelo Sodano sur l’Eglise à la fois « sainte » et appelée à toujours se « réformer », sans provoquer de « schismes ».

Le cardinal secrétaire d’Etat Angelo Sodano s’est adressé mercredi au Latran au monde des media, dans le cadre de rencontres promues par le vicariat en vue de la mission dans la ville de Rome. Thème de son intervention: *L’écorce et le tronc: l’Eglise, entre apparence et réalité ».

Pour le cardinal, l’écorce de l’Eglise peut être atteinte de diverses manières, mais le tronc demeure. C’est par cette parabole que le cardinal explique à la fois la vigueur de cet arbre vieux de deux mille ans, manifestée au long des siècles par les martyrs qui ont donné leur vie plutôt que de renier leur foi, des millions durant le XXe siècle, a souligné le cardinal. Tandis que les hérésies, les schismes et les péchés des enfants de l’Eglise n’ont pas empêché pas sa croissance.

Pourtant le cardinal a reconnu que l’Eglise est appelée à se réformer régulièrement pour porter encore « de nombreux fruits de sainteté ». Pour cette réforme, il a donné quatre règles, tirées de l’ouvrage du théologien français, dominicain, expert au Concile, et créé cardinal par Jean Paul II, Yves Congar, « Vraie et fausse réforme dans l’Eglise ».

Primo: « Qui aime l’Eglise, a expliqué le cardinal, ne cherche pas à en faire une autre, mais il cherche à la rendre toujours plus belle et resplendissante aux yeux des hommes »; secundo: la communion avec les pasteurs que l’Esprit de Dieu a placé au gouvernement de l’Eglise, et qui sont « garants de son unité ». Et cela n’empêche pas, qu’il y ait dans l’Eglise, a insisté le cardinal, « un grand espace donné à l’initiative individuelle ».

Tertio: la patience! Le cardinal a cité la parabole du bon grain et de l’ivraie et souligné que les réformateurs deviennent schismatiques lorsqu’ils n’ont pas la patience d’attendre la maturation de la pâte humaine. « La parabole évangélique, a-t-il dit, nous enseigne à respecter les temps de la croissance de la moisson et à ne pas anticiper l’avenir avec une recherche impatiente, typique des puristes ».

Enfin, quatrième condition: « Un véritable renouveau de l’Eglise, a lancé le cardinal, est le retour au principe de la tradition ». Et d’expliquer: « fidélité à la Révélation divine, à l’enseignement des pères de l’Eglise, aux expressions de la foi et de la prière de l’Eglise, à la lumière du magistère authentique de ses pasteurs ».

Les messages de Mgr Sodano

Pour conclure le cardinal a adressé deux messages. Aux hommes de bonne volonté il a demandé de prendre le temps d’examiner l’Eglise sous tous les angles avant de se prononcer vis à vis d’elle: c’est une « chaîne de montagnes » de deux mille ans, ils ne « peuvent l’ignorer ». Et de citer, à la surprise de tous les journaux italiens qui titrent là-dessus, le théologien allemand Hans Küng lorsqu’il décrit le christianisme comme un grand « fleuve de bonté, de miséricorde, de disponibilité à l’entraide, à la solidarité, qui, à partir de la source, l’Evangile, court à travers l’histoire ».

Le second message du cardinal Sodano a été adressé à ceux qui sont membres de l’Eglise. « C’est, a-t-il dit, une invitation à aimer plus profondément cette Eglise, comme une seconde mère ». (apic/imed/pr)

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