Pour avoir défendu les revendications territoriales des Indiens

Brésil: Laïc missionnaire hollandais menacé d’expulsion

Brasilia, 27 mars 1998 (APIC) Le Hollandais Winfridus Overbeek, ingénieur forestier et membre de l’équipe du Conseil indigéniste missionnaire (CIMI) au Brésil, est menacé d’expulsion de la part du Ministère de la Justice pour «avoir enfreint le statut des étrangers». Cette affaire est liée aux revendications territoriales des Indiens de l’Etat de Spirito Santo.

.Fernando Queiroz, le policier qui a arrêté et interrogé le Hollandais, a déclaré qu’il obéissait aux ordres du Ministère de la Justice à Brasilia. Après sept heures d’interrogatoire, Winfridus Overbeek a été libéré et condamné à payer une amende de 200 dollars. La date de la validité de son visa de permanence au pays a été réduite de deux ans à 8 jours. Il serait en outre immédiatement expulsé du pays s’il ne payait pas son amende.

Dans une note envoyée aux médias, le CIMI, lié à la Conférence nationale des évêques brésiliens (CNBB) a protesté contre ces mesures «autoritaires et antidémocratiques. «Les papiers de notre collaborateur sont parfaitement en règle», ajoute le CIMI. Il s’agit donc d’une action répressive sans fondement de la police et du Ministère de la Justice pour intimider l’action du CIMI qui veut faire respecter les droits des Indiens.

Les observateurs sur place comprennent en effet le zèle subit de la Police fédérale contre l’ingénieur forestier étranger. Ce dernier travaille depuis 1995 avec les Indiens Tupiniquim et Guaranis de l’Etat de Spirito Santo. Or depuis le 11 mars les Indiens occupent leur territoire ancestral menacé par la multinationale «Aracruz Cellulose SA» qui a besoin de la forêt pour son entreprise de papier. Les Indiens revendiquent un territoire de 13’000 hectares. L’occupation des Indiens a été interrompue la semaine dernière par la Police fédérale qui a arrêté également deux topographes brésiliens qui mesuraient le territoire.

Depuis de nombreuses années, les Indiens Tuniniquim et Guaranis revendiquent la dévolution de terres ancestrales dont ils ont été expulsés. Le conflit a été relancé le 6 mars par le décision du Ministre de la Justice, Iris Rezende, de réduire les limites de la terre des Indiens en leur concédant seulement 2’571 hectares sur les 13’000 exigés, cédant aux pressions de l’entreprise «Aracruz Cellulose SA» qui depuis les années 60 occupe illégalement une bonne partie de ces terres. (apic/pl/ba)

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