Chine: Pékin passe un accord avec 24 universités américaines des jésuites
Pékin, 27 mars 1998 (APIC) L’Université de Pékin a signé à la mi-mars un accord avec la Fordham University de New-York et vingt-trois autres universités américaines, toutes gérées par les jésuites. But de cette première inédite: former des cadres pour les privatisations.
C’est la première fois depuis l’arrivée des communistes au pouvoir que des institutions culturelles liées au monde catholique sont chargées d’un enseignement en Chine populaire. Le cntrat porte sur la mise en route du premier programme non chinois officiellement reconnu: le BIMP (Programme international de gestion d’entreprises).
Les vingt-quatre universités américaines réunies en consortium pour ce nouveau programme sont toutes gérées par la Compagnie de Jésus, notamment la prestigieuse Université de Georgetown de Washington, le Boston College et les Universités de Marquette (Milwaukee) et Loyola (Los Angeles). L’accord aurait été impensable il y a seulement quelques années. Au cours de ces deux dernières années, le gouvernement chinois a supprimé les subventions des universités en leur demandant d’auto-subventionner la recherche.
Le manque de fonds pousse de nombreuses institutions universitaires à mettre en place des jumelages et une collaboration avec des universités étrangères. L’accord a été signé par le professeur Justin Lin, directeur du Centre chinois pour la recherche en économie de l’Université de Pékin et par le professeur Ernest Scalberg, doyen de la Faculté de gestion des affaires à l’Université Fordham de New-York.
« C’est la première fois que le gouvernement chinois reconnaît officiellement un diplôme américain à Pékin », souligne le professeur Lin. Les institutions privées des jésuites offrent, remarque le professeur Scalberg, le dernier modèle des études internationales. Il a été façonné par une tradition de 400 ans, caractérisée par une éducation rigoureuse et personnalisée, par la discussion et par l’éthique. « Je crois que des siècles d’engagement des jésuites au service d’une formation intellectuelle de haute qualité, dans le monde entier, ont contribué à l’acceptation officielle du gouvernement chinois ».
L’accord prévoit l’ouverture, dès mai 1998, d’une propédeutique d’anglais et de gestion. L’an prochain, 90 étudiants suivront le programme: 60 étudiants chinois et 30 autres venus du consortium américain ou d’autres universités internationales. Chaque année, 10 facultés des universités américaines et 10 facultés de l’Université de Pékin uniront leurs efforts pour offrir un cours complet de gestion des affaires. Les étudiants pourront aussi bénéficier de stages en entreprise, à Pékin et à New-York, ou effectuer des voyages d’études.
Wanted: 300’000 chefs d’entreprises
Le gouvernement chinois estime que son économie a besoin de 300’000 chefs d’entreprises diplômés, de façon à pouvoir privatiser des compagnies nationales et à permettre à l’industrie chinoise de devenir plus compétitive. Le manque de « cerveaux » et de chefs d’entreprises constitue en effet un frein au développement économique de la Chine, concède le professeur Gan Zizhao, physicien de l’Académie des Sciences. Les étudiants et les facultés américaines et chinoises ont là une occasion unique de construire des ponts, estime pour sa part le professeur Ernest Scalberg. (apic/fides/ab)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse
https://www.cath.ch/newsf/chine-pekin-passe-un-accord-avec-24-universites-americaines-des-jesuites/