Que souhaitons-nous pour l’Eglise de demain et pour nos enfants?

Fribourg: Réunion du Conseil de pastorale à Villars-sur-Glâne

Villars-sur-Glâne, 31 mars 1998 (APIC) L’Assemblée Diocésaine AD 2000, dont le but est de rapprocher l’Eglise-Institution du peuple des fidèles, et la question du pardon ont constitué le plat de résistance des quelque 50 participants à la réunion du Conseil de pastorale du canton de Fribourg tenue, samedi 28 mars, au Centre Diocésain. Les délégués des secteurs pastoraux et des mouvements présents à Villars-sur Glâne ont débattu autour du thème: « Que souhaitons-nous pour l’Eglise de demain et pour nos enfants ? »

« Voir une Eglise plus vivante, plus rigolote » a été l’un des souhaits les plus fréquemment exprimés par les délégués qui ont aussi une forte attente dans le domaine de l’écoute: « L’Eglise doit quitter les murs de ses bâtiments pour aller à la rencontre des gens qui se sont éloignés d’elle, tenir compte de leurs richesses, et cheminer avec eux ». Le désir de voir une Eglise « plus en prise directe avec la vie » est lui aussi très fort. On aimerait que les célébrations soient mieux adaptées aux attentes des différents groupes tels que les jeunes, les familles ou les aînés. Il a paru aussi important d’avoir une Eglise écoutante et accueillante.

Dans la réflexion sur la pratique du sacrement du pardon, on a mentionné l’importance de l’éveil de la conscience, notamment dans la formation des enfants. Si  » les célébrations communautaires renvoient chaque fidèle face à sa propre conscience », on souligna aussi qu’il serait judicieux de « rendre les conditions de la confession individuelle moins rébarbatives » (confessionnaux trop sombres et inconfortables). D’autre part, la possibilité de discuter avec un prêtre devrait être facilitée. Là aussi, la valeur du dialogue a été soulignée, ce qui a donné l’occasion de rappeler que des groupes de dialogue sur le pardon existent au Centre Ste-Ursule, et qu’ils sont à développer.

Sur les chemins du pardon

Le Père Joseph Kuster a rappelé que, dans la marche vers le Jubilé de l’an 2000, l’année 1998 est celle de la Réconciliation avec Dieu et avec les autres. La réconciliation est une des grandes nécessités actuelles: réconciliation entre pays riches et pays pauvres, entre puissants et personnes fragiles, entre pouvoir économique et gens pauvres, entre la nature et l’homme.

Il a repris ce que le Père canadien Jean Monbourquette avait dit lors de la Session de pastorale annuelle de Matran, en janvier passé: le pardon est difficile, il est l’aboutissement de tout un cheminement qui implique de reconnaître ses blessures, de vivre avec elles, de trouver la paix intérieure, notamment en se pardonnant à soi-même et finalement, de pardonner à l’offenseur en le respectant et en ne désirant plus de vengeance, même si la cicatrice demeure et qu’on ne peut pas oublier.

Geste typiquement chrétien, le pardon n’est pas facile parce qu’il n’est pas naturel; ce qui est naturel c’est le désir de vengeance. En fait, seul Dieu peut pardonner, d’où l’importance de la prière, de se tourner vers Jésus crucifié, ce qui permettra à l’Esprit Saint de faire son action réconciliatrice. Certains pardons à accorder peuvent demander toute une vie…

Lancement de L’AD 2000

Le chanoine Jacques Banderet, vicaire épiscopal pour le canton de Fribourg, a expliqué la démarche de l’Assemblée Diocésaine (AD) 2000 lancée par Mgr Grab. Il s’agit de donner la parole au peuple, ce qui implique de susciter des groupes de dialogue et d’inciter chaque baptisé à y prendre part. Le but est de redynamiser l’Eglise, d’amener des jeunes à s’engager. L’Eglise doit trouver un langage plus compréhensif, plus compatible avec les réalités d’aujourd’hui; il faut plus de respect pour chacun, en particulier ceux qui se sont éloignés de l’Eglise, à qui il faut donner la parole. Il est important de vivre une expérience d’Eglise.

Ces objectifs correspondent aux attentes des deux nouveaux membres du bureau de coordination pour les groupes de dialogues: AD 2000 est ouverte à ceux qui ont des souffrances à exprimer et Monique Castella (Posieux) espère que les des propositions concrètes vont en sortir. Philippe Castella (Hauteville) ajoute que les participants aux groupes de dialogue devraient exercer une sorte de contrôle, réclamer « des comptes » aux 100 délégués à l’Assemblée diocésaine qui tiendront quatre sessions d’ici à l’an 2000.

Le Conseil pastoral a par ailleurs ratifié l’élection de neuf des dix délégués qui représenteront le peuple des baptisés fribourgeois à l’Assemblée Diocésaine, auxquels s’ajouteront cinq représentants des prêtres et des religieux-religieuses. L’Assemblée constitutive d’AD 2000 se tiendra le dimanche 17 mai à la cathédrale de Fribourg. (apic/als/ab/mp)

webmaster@kath.ch

Portail catholique suisse

https://www.cath.ch/newsf/fribourg-reunion-du-conseil-de-pastorale-a-villars-sur-glane/