Chine : L’évêque auxiliaire de Hong Kong découvre des «signes positifs» de la part de Pékin

«Il y a plus à craindre de certains capitalistes ! «

Milan, 1er février 1998 (APIC) Six mois après le rattachement de Hong Kong à la Chine, Mgr Joseph Zen Likiun, évêque auxiliaire de Hong Kong, se dit plutôt satisfait des relations actuelles entre l’ancienne colonie britannique et Péékin. Dans une interview accordée au mensuel italien «Mondo e missione», Mgr Zen estime que les «les responsables politiques sont disposés à écouter».

Lors d’une rencontre à Pékin, Ye Xiiaowen et Li Dezhu, les deux responsables de la politique de la République populaire en matière de religion ont répété qu’ils respecteraient «la situation actuelle de l’Eglise à Hong Kong» et que «le pape, à l’avenir, pourra continuer à nommer les évêques de Hong Kong».

Plus que les communistes, l’évêque redoute bien davantage les capitalistes de Hong Kong, qui ne pensent qu’à «défendre leurs propres intérêts», ce qui risque de nuire autant à Hong Kong qu’à Pékin. Les gens ont même l’impression, précise Mgr Zen, que le Conseil législatif provisoire de Hong Kong «est entièrement aux mains des capitalistes». Les prochaines élections permettront d’en apprendre davantage, annonce-t-il à ce propos.

Qu’en est-il de l’avenir des écoles gérées par l’Eglise catholique, ou de Caritas ? «La ’Basic Law’ nous garantit la lberté. Nous ne craignons pas une intervention directe de Pékin. Mais nous craignons ces gens de Hong Kong qui croient faire plaisir à Pékin en émettant des objections contre ce que nous considérons comme nos droits et qu’eux considèrent comme des privilèges.»

Quant aux relations entre les deux ailes de l’Eglise catholique, l’une reconnue par le régime moyennant l’adhésion à l’Association Patriotique des Catholiques Chinois, l’autre toujours non reconnue en raison de ses liens fermes avec Rome, Mgr Zen relève «des motifs d’espérer». «Pékin a opté pour une plus grande ouverture en de nombreux domaines. S’il connaissait mieux Hong Kong, le gouvernement pourrait mieux comprendre que l’Eglise ne constitue pas une menace, mais peut être un facteur de stabilité. Un autre signe positif est connu de tous : ce sont les contacts plus fréquents entre les évêques de l’Eglise officielle et le Saint-Siège.»

Mgr Zen fait néanmoins état de quelques inquiétudes. «L’ouverture de Pékin n’est pas constante. Il y a, dit-on, une liste noire des amis de l’Eglise : ils n’ont pas l’autorisation d’entrer dans le pays. En outre, le gouvernement ne semble pas très pressé de trouver un accord avec le Saint-Siège. Or, sans un accord au sommet, la situation sera toujours difficile.» (apic/cip/m&m/mp)

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