Hambourg: Lettre du pape, le cardinal Ratzinger salue la réaction des évêques allemands
Hambourg, 4 février 1998 (APIC) Le cardinal Ratzinger a salué mercredi à Hambourg la réaction des évêques allemands à la récente lettre de Jean Paul II concernant la présence catholique dans les services de consultation pour les femmes enceintes en difficulté. Le pape, tout en demandant aux évêques allemands de rester dans le système de consultation légale, les avait invités de façon pressante à ne plus délivrer le certificat de consultation, prévu par la loi du 21 août 1995, préalable à toute demande d’avortement dépénalisé.
Le cardinal Ratzinger souligne que le pape fait confiance maintenant aux forces créatives et innovatrices existant dans le catholicisme allemand. Comment la lettre de Jean Paul II, le préfet de la Congrégation romaine pour la doctrine de la foi rappelle que le pape laisse aux évêques allemands une marge de manœuvre dont eux seuls peuvent faire usage. «Le pape n’a pas pu ni voulu prescrire une solution. Les évêques ont maintenant besoin de temps pour trouver une solution concernant les services de consultation. Les femmes enceintes doivent savoir qu’elles peuvent venir non seulement dans ces services catholiques ’pour chercher un certificat’, mais aussi qu’elles y trouvent des conseils qui les aident vraiment à faire face à une situation difficile».
Le cardinal Ratzinger interpelle le gouvernement allemand
Interpellant le gouvernement allemand sur la législation sur l’avortement, le cardinal Ratzinger estime que les autorités devraient se poser la question d’une modification de la loi. «Au cas où aucun changement ne pourrait être apporté, on devra chercher d’autres formes de consultation pour les femmes enceintes en détresse». Le cardinal de la curie romaine a révélé que le président de la Conférence épiscopale allemande, Mgr Karl Lehmann, avait – déjà avant la lettre du pape – demandé une modification de la loi dans une «interpellation privée» adressée au gouvernement fédéral. Mais le chancelier Helmut Kohl et la ministre de la famille Claudia Nolte, tous deux démocrates-chrétiens (CDU), ont refusé cette demande.
Des consultations menées de façon «clairement illégale»
Dans une interview au magazine «Stern», rendue publique mercredi à Hambourg, Mgr Karl Lehmann rappelle que nombre de consultations sont menées de façon «clairement illégale». Avec ou sans la lettre du pape, il y aurait eu à l’avenir de toute façon «beaucoup à discuter». Ainsi, souvent le certificat de consultation est compris tout naturellement comme synonyme d’autorisation d’avorter. Cet état de fait a affaibli la position des évêques désireux de faire comprendre à Rome l’importance effective du certificat de consultation, «qui n’est justement pas une «licence pour tuer».
Dans ce contexte, il ne sera pas facile aux services de consultation catholiques de trouver une solution qui satisfasse à la fois le Vatican et les exigences posées par le dispositif étatique allemand. «Je ne suis pas même sûr qu’une telle alternative crédible existe», lâche Mgr Lehmann.
Le problème de l’avortement ne peut être décrété «une fois pour toutes résolu»
Dans une interview mercredi à la «Badische Zeitung», Mgr Oskar Saier, archevêque de Fribourg-en-Brisgau, a souligné que le débat sur l’avortement n’aillait pas se calmer non plus à l’extérieur de l’Eglise. Il est à son avis impossible qu’un tel conflit qui dure depuis si longtemps soit déclaré par décret «une fois pour toutes résolu». A propos de la lettre du pape, Mgr Saier relève que la Conférence des évêques allemands n’avait jamais considéré jusqu’à présent que le certificat de consultation jouait un «rôle-clé» dans le processus de conseil. «Il s’agit d’un effet secondaire possible, je souligne possible, du certificat, qu’une femme puisse grâce à lui avoir accès à un avortement dépénalisé».
L’archevêque de Fribourg-en-Brisgau souhaite que le groupe de travail que les évêques allemands ont prévu de mettre sur pied pour trouver le moyen de poursuivre les services de conseils pour les femmes enceintes en détresse sans délivrer de certificat de consultation arrivent «le plus vite possible» à un résultat. Il devrait se composer notamment de responsables de Caritas et du service social des femmes catholiques (SkF), de spécialistes de théologie morale et de droit public et de quelques évêques. «Il n’y a pas encore de solutions parfaites, même pas encore de modèles», a souligné Mgr Oskar Saier. Ce dernier a d’autre part rejeté l’affirmation de son confrère Johannes Dyba, archevêque de Fulda, qui reproche à l’Eglise et à l’Etat d’être indûment imbriqués l’un dans l’autre. Pour Mgr Saier, la grande majorité des évêques allemands ne partagent pas cette opinion. (apic/kna/be)
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