Bucarest, 8 février 1998 (APIC) Le patriarche Théoctiste, primat de l’Eglise orthodoxe roumaine, reste contesté. Après avoir été contraint de démissionner en 1990, lors de la chute de Ceaucescu, il avait pourtant repris ses fonctions. Tant le clergé que la presse continuent aujourd’hui de réclamer son départ, rapporte le Service Orthodoxe de Presse (SOP), à Paris.
Revenant sur les violents incidents qui ont éclaté le 25 décembre dernier dans la cathédrale patriarcale, le SOP note que, ces derniers mois, plusieurs voix se sont fait entendre en Roumanie, tant au sein du clergé que dans la presse, pour réclamer le départ du patriarche Théoctiste, auquel il est reproché sa passivité lorsque, entre 1978 et 1989, Ceausescu fit démolir nonante églises.
Il lui est également reproché d’avoir lancé le projet de construction d’une immense cathédrale à Bucarest, dont le coût est estimé à 150 millions de dollars, au lieu de consacrer cette somme à la reconstruction des églises détruites sous le régime communiste.
Agé aujourd’hui de 83 ans, le patriarche Théoctiste est à la tête de l’Eglise de Roumanie depuis 1976. Au lendemain de la chute du régime de Ceausescu, en janvier 1990, il avait démissionné de son propre gré pour se retirer dans un monastère, officiellement pour raison de santé et d’âge, alors que déjà de nombreuses voix lui reprochaient le soutien contraint mais réel qu’il avait apporté au régime déchu. Il avait toutefois repris ses fonctions en avril de la même année, à la demande de la majorité de l’épiscopat qui avait jugé cette décision « précipitée ».
Lors de la liturgie de Noël présidée le 25 décembre dernier par le primat dans la cathédrale patriarcale à Bucarest, où étaient rassemblés un millier de fidèles, dont l’ex-roi Michel de Roumanie et sa famille, des policiers en civil ont violemment frappé un groupe de moniales orthodoxes qui s’étaient mises à scander des slogans hostiles, reprochant au patriarche sa collaboration avec le régime de Ceausescu.
« A bas le synode communiste et son patron Théoctiste ! », ont crié à plusieurs reprises les moniales lors de l’homélie prononcée par le patriarche, avant que des agents de sécurité en civil ne les évacuent avec une extrême violence. Pendant et après les incidents, qui ont duré une dizaine de minutes, Théoctiste a poursuivi son homélie sans s’interrompre, alors que les cris des contestataires étaient perceptibles dans toute l’église. (apic/cip/pr)
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