Travailler ensemble au développement

Londres: La Banque mondiale prête à répondre aux critiques des Eglises

Londres 10 février 1998 – Le président de la Banque mondiale et des dirigeants des grandes religions dont plusieurs responsables chrétiens participeront les 18 et 19 février à Londres, à une rencontre sur le thème «religions mondiales et développement». Cette démarche pourrait signifier «un progrès décisif» dans la lutte contre la pauvreté mondiale, estiment ses organisateurs.

La rencontre sera coprésidée par James D. Wolfensohn, président de la Banque Mondiale, et l’archevêque de Cantorbéry, George Carey. Elle aura lieu au palais de Lambeth, résidence de l’archevêque à Londres. D’autres communautés chrétiennes seront directement représentées – catholique romaine, orthodoxe (Patriarcat oecuménique et Patriarcat de Moscou) et luthérienne évangélique. Participeront également à la rencontre des délégués baha’is, bouddhistes, hindous, jaïnistes, juifs, musulmans, sikhs, et taoïstes.

Selon une déclaration publiée conjointement par la Banque mondiale et le Palais de Lambeth, «le principal objectif de ce dialogue est de développer les occasions d’accord et d’action commune face au problème critique de la pauvreté dans le monde. Il vise à aider la Banque et les religions à mieux comprendre les idées de chacun sur les façons d’aborder le développement et les obstacles éventuels qui empêchent d’atteindre les objectifs désirés.»

Pour Andrew Purkis, conseiller de l’archevêque de Cantorbéry pour les affaires mondiales, «la réunion pourrait signifier un progrès décisif parce que la Banque mondiale semble admettre la nécessité de considérer sérieusement des facteurs non matériels – spirituel, culturel – et les questions de l’environnement.»

L’endettement du tiers monde ne figure pas à l’ordre du jour en tant que tel, a précisé Andrew Purkis à l’agence de presse œcuménique ENI. Mais «il pourrait être abordé». L’ordre du jour est divisé en trois sessions: la signification du ’développement’; les critères du développement; les perspectives d’avenir, ainsi qu’une déclaration des coprésidents.

Les cadres de la Banque mondiale, et notamment son président, James D. Wolfensohn, se trouveront donc confrontés, à cette occasion, à certains des détracteurs de la politique de la Banque mondiale à l’égard du monde en développement.

La Banque mondiale a été fondée à Washington immédiatement après la deuxième guerre mondiale pour aider les pays en développement à amééliorer leur niveau de vie par des prêts financés par des nations riches. Par ce moyen, la Banque mondiale possède une influence énorme. En 1993, par exemple, ses engagements de prêts dépassaient 2,5 millions de dollars par heure. Mais sa politique – encourager certains pays en développement à réformer leurs économies avant de recevoir des prêts élevés de la Banque mondiale – a souvent été critiquée par un grand nombre d’organisations non gouvernementales et d’Eglises. (apic/eni/mp)

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