Un laquais du régime communiste

Bulgarie: Le président Stoianov continue de réclamer la démission du patriarche Maxime

Sofia, 10 février 1998 (APIC) Le président bulgare, Pierre Stoianov, a appelé publiquement des clercs qu’il accuse d’avoir collaboré avec le pouvoir communiste, et parmi eux le patriarche Maxime, primat de l’Eglise orthodoxe, à renoncer à leurs fonctions pour laisser la place à une génération de clercs non compromis avec l’ancien régime et permettre ainsi le rétablissement de la paix et de l’unité dans l’Eglse de Bulgarie.

Selon le président Stoianov, le patriarche Maxime, 84 ans, et son adversaire, l’ancien métropolite de Nevrokop Pimen, 92 ans, qui s’est autoproclamé «patriarche», doivent faire preuve de responsabilité et d’humilité et trouver la force de s’en aller pour le bien de l’Eglise.

Face aux exigences des autorités politiques, le Saint-Synode de l’Eglise orthodoxe bulgare, que préside le patriarche Maxime, dénonce «une pression des responsables gouvernementaux sous prétexte de vouloir rétablir l’unité de l’Eglise orthodoxe», rapporte le Service orthodoxe de presse (SOP). Et de faire appel «aux organisations internationales des droits de l’homme pour sauvegarder l’autonomie de l’Eglise».

«Des laquais fidèles à l’ancien pouvoir athée font toujours partie du haut clergé», a répliqué le président lors d’une manifestation officielle organisée le 6 janvier pour le 150e anniversaire de la naissance de Christo Botev, l’un des héros de la lutte contre l’occupation ottomane. «A l’époque du joug turc, le clergé orthodoxe bulgare est allé jusqu’à supporter les chaînes et la mort. Aujourd’hui, nous demandons à ces évêques de faire un sacrifice bien moins difficile, simplement de se retirer», a-t-il déclaré.

Le président a expliqué que ces raisons l’avaient conduit, en sa qualité de commandant en chef de l’armée, à annuler une cérémonie religieuse prévue dans le cadre de la manifestation, qui s’est déroulée en présence de hauts responsables militaires. Depuis six ans, un conflit complexe oppose adversaires et partisans du patriarche Maxime, élu à la tête de l’Eglise de Bulgarie en 1971, avec l’aval des autorités communistes, ce qui lui est aujourd’hui reproché par certains qui contestent également sa légitimité.

Les dirigeants de l’Union des forces démocratiques, la coalition de droite au pouvoir depuis plus d’un an, avaient déjà tenté de révoquer le patriarche Maxime en mars 1992, lors de leur arrivée au pouvoir après la chute du régime communiste de Todor Jivkov. Cette décision avait été à l’’origine d’un schisme au sein de l’Eglise qui n’est toujours pas résorbé, même si la plupart des évêques qui, en avril 1992, avec l’appui du gouvernement de l’époque, étaient entrés en dissidence, ont maintenant fait pénitence et réintégré la juridiction du patriarche Maxime, à l’exception du métropolite Pimen, réduit depuis à l’état laïc par le Saint-Synode de l’Eglise bulgare. Ce dernier, proclamé «patriarche» par ses partisans, a néanmoins constitué une structure ecclésiale parallèle dont la canonicité n’est reconnue par aucune Eglise orthodoxe locale.

Le retour au pouvoir du parti socialiste (ex-communiste) avait ensuite débouché sur une sorte de statu quo entre les deux juridictions. Revenue au pouvoir à l’issue des dernières élections présidentielles et législatives, l’Union des forces démocratiques s’efforce à nouveau d’obtenir le départ du patriarche Maxime. En attendant, elle l’ignore systématiquement dans toutes les cérémonies officielles. C’est ainsi qu’en janvier 1997 Pierre Stoianov a prêtééserment lors de la cérémonie d’investiture à la présidence en présence du «patriarche» Pimen. (apic/cip/sop/mp)

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