Haïti: Sombre panorama de deux années de présidence de René Préval

Des photos de ce reportage peuvent être obtenues auprès de l’Agence CIRIC, à Lausanne, tél:021/617 76 13.

Les évêques déplorent une corruption généralisée

Port-au-Prince, 11 février 1998 (APIC) Haïti n’a enregistré aucun progrès depuis que René Préval dirige le pays: c’est le verdict sans appel de l’Organisation Politique Lavalas (OPL) à l’occasion du deuxième anniversaire de l’accession au pouvoir du président, célébré le 7 février. Les évêques haïtiens confirment dans leur dernière lettre pastorale. Ils déplorent la détérioration de l’environnement politique et social et les difficultés que cette situation entraîne au niveau de la vie quotidienne.

« En guise de bilan politique, je peux dire que le président Préval n’a eu aucune préoccupation de consolider la démocratie, le Parlement et les autres institutions de l’Etat », a déclaré Gérard Pierre Charles, secrétaire général de l’Organisation Politique Lavalas OPL. Sur le plan économique, le dirigeant considère que rien n’a été fait pour améliorer les conditions de vie de la population et tenir compte de ses revendications essentielles. C’est Aristide qui a lancé Préval et l’a imposé, a-t-il rappelé alors que l’OLP avait son candidat en la personne de Chavannes Jean-Baptiste, dirigeant du mouvement paysan de Papaye.

Dans leur dernière lettre pastorale, publiée à la fin de 1997, les douze évêques du pays constataient de leur côté que le pays continue de souffrir d’une pauvreté endémique et d’une perte des valeurs morales, conséquence « du peu de prix accordé à la vie et d’une corruption spirituelle généralisée « . Aux yeux des évêques, les Haïtiens ont trop longtemps attendu un changement qui ne vient pas, et les transformations sociales et politiques n’ont pas amélioré la vie du peuple. « Nous nous demandons si la route suivie conduit au progrès de tous et de chacun », écrivent-ils.

La situation, poursuivent les prélats, exige la solidarité entre toutes les couches sociales, et notamment une redistribution des richesses, une meilleure organisation de la société. et un gouvernement qui s’engage vraiment à servir le bien commun et les intérêts de tous.

Haïti souffre d’une crise politique aiguë depuis la démission du Premier ministre Rosny Srmarth en juin 1997 et le refus du Congrès de ratifier le choix d’un nouveau Premier ministre fait par le Président René Préval. En 1999, les feux des projecteurs seront dirigés sur Port-au-Prince, pour les 250 ans de la capitale. Préval a créé une commission permanente chargée de coordonner les initiatives. Outre les commémorations, l’une d’elles sera une rénovation de la ville pour décongestionner le centre, où un million de personnes transitent chaque jour. (apic/cip/kr/bim)

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