Autriche: Rome nomme un visiteur apostolique pour l’Abbaye de Göttweig

Enquête interne dans le cadre de « l’affaire Groer »

Vienne / Rome, 11 février 1998 (APIC) L’ »affaire Groer » du nom du cardinal Groer, ancien archevêque de Vienne et moine bénédictin soupçonné d’abus sexuels pourrait connaître de nouveaux développements. Rome vient de nommer le Père Marcel Rooney, Abbé-primat de la Confédération des bénédictins, comme visiteur apostolique de l’Abbaye de Göttweig, à laquelle appartient Mgr Groer.

L’Abbé Clemens Lashofer, supérieur du monastère de Göttweig, avait demandé en janvier au Vatican d’envoyer un visiteur apostolique. « Un examen objectif des accusations lancées contre le cardinal Groer ainsi que des reproches contre notre monastère et contre mes options de gouvernement est aujourd’hui nécessaire », avait-il alors expliqué. Pour l’Abbaye de Göttweig, il s’agit aussi de prévenir le jugement de certains médias qui, sous l’apparence de compte-rendus objectifs, propagent des demi ou des contre-vérités.

Le cardinal Groer, âgé de 78 ans, a abandonné début janvier la charge de prieur de la communauté de Maria Roggendorf qui dépend de l’Abbaye de Göttweig. Outre des raisons de santé, de nouvelles accusations d’abus sexuels ont motivé ce départ. De précédentes accusations avaient déjà suscité un grave scandale dans l’Eglise autrichienne et avaient acculé le cardinal à se retirer de sa charge d’archevêque de Vienne en 1995.

A mi-janvier, l’abbé Udo Fischer, actuellement curé de Paudorf, a affirmé à la radio que lui-même et d’autres prêtres avaient été abusés par Mgr Groer, à l’Abbaye de Göttweig, à la fin des années 70. Mgr Groer n’avait pas de relations amoureuses, mais exploitait sans aucune honte les personnes de son entourage, y compris des gens très pieux, a expliqué le prêtre. Le curé a souligné qu’il en avait averti dès 1985 – soit avant la nomination de Mgr Groer comme archevêque de Vienne – le Père Clemens Lashofer, alors directeur spirituel de l’Abbaye de Göttweig, dont il est devenu l’Abbé.

Le droit canon prévoit que les maisons des congrégations religieuses reçoivent régulièrement la visite de l’évêque ou d’un supérieur de l’Ordre chargés de constater si la vie religieuse y est conforme à la Règle et de prendre les mesures pour corriger les abus éventuels. Dans les cas particuliers, le Vatican peut désigner directement lui-même un ou plusieurs visiteurs apostoliques. Les membres de l’Institut sont tenus de répondre en toute charité et vérité aux visiteurs. Nul n’a le droit de quelque manière que ce soit de les détourner de cette obligation ou de faire obstacle d’une autre manière au but de la visite.

Suisse: Débat sur la révision de la loi sur l’avortement

Les femmes catholiques renoncent à prendre position

Lucerne, 11 février 1998 (APIC) La Ligue suisse de femmes catholiques (SKF) n’a pas l’intention d’entrer dans le débat sur la révision de la loi sur l’avortement, a indiqué à l’APIC sa présidente Rösy Blöchiger. Il s’agit d’éviter une rupture sur une question très controversée au sein même du mouvement. La ligue des femmes protestantes a tranché de son côté pour la solution des délais.

La SKF ne souhaite pas se prononcer sur les propositions de lois formulées par divers milieux. A une simple solution des délais jusqu’à 14 semaines de grossesse, les femmes du Parti démocrate chrétien opposent une solution des délais à 12 semaines avec une consultation psycho-sociale obligatoire selon le modèle allemand.

Les sections cantonales de la SKF vont sans doute débattre de la question de l’avortement, mais actuellement on ne voit pas comment unifier les diverses positions, admet Rösy Blöchiger. En 1994 le comité central de la SKF a proposé un document de base sur la question de l’interruption de grossesse. Ce texte postulait la protection de la vie humaine dans toutes ses phases avant et après la naissance. Il rappelait aussi qu’une condamnation de l’avortement n’était pas crédible sans un engagement parallèle pour la vie déjà née. « La plupart du temps, une décision pour ou contre une grossesse doit être prise dans une situation de détresse existentielle. Chaque femme et chaque couple ont donc droit à un conseil psychologique, éthique et médical ainsi qu’à un soutien matériel. »

Le texte de la SKF demandait aussi au législateur de laisser en dernier lieu à la femme la décision d’avorter. Le Comité central souhaitait une solution applicable à toute la Suisse qui respecte le droit de décision de la femme et du couple et qui ne criminalise pas une femme qui interrompt sa grossesse. Une prise de position qui préfigurait presque celle des femmes PDC.

Le ’non’ des évêques

En septembre dernier la Conférence des évêques suisses (CES) a fermement rappelé son opposition à l’avortement. D’un point de vue éthique, il est clair qu’à chaque avortement, il s’agit du meurtre d’une vie humaine. Celle-ci en tant que don du créateur n’est pas à la disposition de l’homme, soulignait la CES.

Aux yeux des évêques, la solution des délais ne peut que provoquer une pression supplémentaire sur la femme en vue d’interrompre sa grossesse. En fin de compte, une solution des délais ne favorise en aucun cas la libre décision de la femme.

De nombreuses études montrent que le nombre d’avortements se situe en rapport direct avec la qualité de la politique sociale et familiale d’un pays. C’est pourquoi la CES réclame l’assurance maternité, un droit du travail favorable aux familles, une offre élargie pour l’accueil des enfants, des logements suffisants pour les familles, un minimum d’existence garanti à tous les enfants (allocations familiales), une éducation sexuelle à une maternité et une paternité responsables, un conseil pour les femmes enceintes et une aide à l’accueil de l’enfant.

Les femmes protestantes pour la solution des délais

La ligue des femmes protestantes au contraire de la SKF a pris position en faveur d’un modèle concret. Dans un papier publié au début du mois de février elle se prononce en faveur de la solution des délais sous certaines conditions, en particulier l’amélioration par la Confédération et les cantons des conditions cadres pour les femmes qui décident de garder leur enfant. (apic/wm/mp)

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