Pour que la mémoire des milliers de «disparus» ne s’efface jamais
Buenos Aires, 12 février 1998 (APIC) L’une des fondatrices du Mouvement des Mères de la Place de Mai, Renée Appelbaum, est décédée à l’âge de 77 ans, victime d’un infarctus. Ses trois fils, âgés d’une vingtaine d’années, avaient «disparu» en 1976.
Surnommées aussi «Folles de la Place de Mai», ces mères courageuses se sont rassemblées chaque jeudi sur la Place de Mai de Buenos Aires, face au Palais présidentiel de la Casa Rosada, pour réclamer des nouvelles de leurs enfants disparus. Après la chute de la dictature, elles ont poursuivi leur action pour réclamer la vérité sur les disparitions – les organisations humanitaires avances le chiffre de 9″000 disparus pour le seul pays de l’Argentine. 9’000 «disparus», victimes de la répression militaire.
Sur l’ensemble de l’Amérique latine, y compris l’Amérique centrale, le nombre de «disparus» pourrait de beaucoup dépasser les 100’000. Aujourd’hui encore, dans des pays comme le Pérou ou la Colombie, par exemple, nombre de syndicalistes ou autres personnes engagées continuent de «disparaître», victimes de la répression militaire.
Le 9 juillet 1996, les femmes de la Place de Mai avaient été expulsées de la cathédrale de Buenos Aires, où elles s’étaient réunies pour participer à un «Te Deum» officiel célébré par le cardinal primat d’Argentine, Mgr Antonio Quarracino en présence du président Menem. Elles entendaient rappeler à ce dernier le commandement «Tu ne tueras point», l’accusant d’être complice des disparitions par son refus de faire toute la lumière sur cette triste période. Elles avaient été expulsées sur l’intervention du recteur de la cathédrale. (apic/cip/pr)
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