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Liechtenstein: Le prince se prononce pour la séparation de l’Eglise et de l’Etat

Vaduz, 13 février 1998 (APIC) Le prince Hans-Adam II du Liechtenstein s’est prononcé pour une séparation claire de l’Eglise et de l’Etat dans sa principauté. En ouverture de la session du parlement le 12 février, le prince a estimé qu’il fallait d’abord régler la question de la liberté religieuse en général avant d’établir un concordat avec le Saint-Siège.

La discussion sur les relations Eglise-Etat au Liechtenstein a été relancée après la création, par le Vatican, d’un archidiocèse à Vaduz et la nomination à sa tête de Mgr Wolfgang Haas, ancien évêque contesté de Coire. Dans son intervention au parlement, Hans-Adam II a nié les rumeurs selon lesquelles la famille princière aurait été au courant de ce projet et se serait engagée activement pour la création d’un archidiocèse du Liechtenstein. Le prince s’est cependant abstenu de se prononcer sur les relations tendues entre certains catholiques de la Principauté et Mgr Haas.

Accorder à la Principauté un droit de codécision pour l’archidiocèse dans les questions de personnel, d’organisation ou de foi serait contraire aux décisions du Concile Vatican II, admet le prince Hans-Adam II. «Mais sceller dans un concordat certains privilèges du Saint-Siège est contraire à mes convictions aussi longtemps que les autres communautés religieuses reconnues ne bénéficient pas des mêmes privilèges.» C’est pourquoi avant de préparer un concordat, il s’agit de régler la question plus générale de la liberté religieuse au Liechtenstein.

Plus de privilège pour l’Eglise catholique

Actuellement, l’Eglise catholique au Liechtenstein, qui rassemble 87% des 30’000 habitants, est pratiquement une Eglise d’Etat. La Principauté vit encore selon le principe des communes dites unitaires qui regroupent la commune politique et la paroisse. Les communes financent donc directement les paroisses. Quant à l’Etat, il subventionne directement le Décanat du Liechtenstein qui s’occupe des tâches supra-paroissiales.

Pour le prince, il n’est pas juste, aujourd’hui, que les membres d’autres groupes religieux contribuent obligatoirement par le biais des impôts étatiques au financement de l’Eglise catholique. Les catholiques ne peuvent plus exiger ce privilège de l’Etat; estime-t-il. Sans compter que, par ailleurs, ce système limite aussi l’autonomie de l’Eglise.

Aux yeux du prince, la meilleure solution serait une séparation totale sur le modèle américain. «Les connaisseurs des Etats-Unis savent que la vie religieuse y est plus forte que dans les autres pays industriels», relève-t-il. Si une telle séparation est impossible, Hans Adam II penche pour le modèle italien qui prévoit que chaque contribuable peut attribuer une partie de ses impôts à une religion reconnue ou à des tâches sociales de l’Etat. Les diverses communautés religieuses sont exonérées d’impôts au même titre que les œuvres de bienfaisance. Quant aux dons des particuliers aux Eglises ou aux œuvres caritatives, ils sont également libres d’impôts. (apic/com/gs/mp)

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