Côte-d’Ivoire: Un Congrès islamique mondial controversé
Dakar, 19 février 1998 (APIC) Plus de 130 délégations d’Afrique, d’Europe, d’Amérique et des pays arabes, participent au Congrès islamique mondial qui s’est ouvert mercredi à Abidjan en Côte d’Ivoire autour du thème: « Islam, religion de justice, de paix, de solidarité et de développement ». Un rassemblement qui provoque des controverses: 500 imans ivoiriens sur 1500, ont décidé de boycotter le Congrès, l’estimant trop politisé.
« L’islam n’est pas pour le désordre, l’intégrisme et le terrorisme, mais il est pour la paix », a souligné un des organisateurs du Congrès. Au total, quelque 3’000 personnes prennent part à cette rencontre qui durera jusqu’au vendredi 20 février.
La décision d’organiser ce Congrès a été prise au Caire en 1994, mais sa tenue a été plusieurs fois reportée à cause de querelles de leadership entre les 1’500 imams de Côte-d’Ivoire divisés en quatre organisations principales. Conseil supérieur islamique (CSI), Conseil national islamique (CNI), Conseil supérieur des imams (COSIM) et Conseil suprême islamique (COSI).
Créé en 1993 à la suite d’une scission, le CSI qui organise le Congrès est dirigé par un député du Parti démocratique de Côte-d’Ivoire (PDCI, au pouvoir). Son président, Moustapha Diaby, surnommé « Diaby Koweit » pour ses rapports étroits avec les pays arabes, est très proche du Président Henri Konan Bédié dont il est un conseiller. Pour ses adversaires, ce Congrès islamique mondial a des relents politiques.
Un congrès aux relents politiques
Réunis en assemblée générale à Abidjan le 14 février dernier, quelque 500 imams ivoiriens ont décidé de ne pas prendre part au Congrès, alors que le CNI a déploré le fait de n’avoir pas été associé aux préparatifs de la rencontre. Ses responsables ont déclaré à la veille de l’ouverture des travaux qu’aucun leader spirituel « digne de nom » ne doit participer a cette rencontre, tout en soulignant qu’il serait dangereux de voir un chef religieux appartenir à une formation politique.
Répondant à ces accusations, Moustapha Diaby a indiqué que le Congrès n’est pas « celui du gouvernement, ni celui du président de la République », ajoutant que l’état ivoirien est « laïc ». Le pays compte plus de 10 millions d’habitants dont moins de 30% de catholiques, 40% de musulmans et près de 30% d’animistes.
Le gouvernement, a-t-on indiqué de source officielle, n’a pas contribué financièrement à la tenue du Congrès, mais il a mis en place un comité inter-ministériel pour apporter un appui à son organisation. (apic/ibc/ba)
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