L’optimisme du nouveau cardinal chinois Paul Shan Kuo-hsi

Chine: Les relations sino-vaticanes sont en progrès

Rome, 22 février 1998 (APIC) Le nouveau cardinal chinois Paul Shan Kuo-hsi note des « progrès » dans les relations entre le Vatican et le gouvernement de Chine populaire, du fait que ce dernier ne demande plus aux catholiques de rompre avec Rome. Evêque de Kaohsiung, à Taïwan, Mgr Paul Shan Kuo-hsi a confié son optimisme à la presse à l’occasion de son accession au cardinalat.

L’Eglise catholique chinoise est divisée depuis 40 ans entre une Eglise dite « patriotique » (« supervisée » par le gouvernement) et une « Eglise du silence », conservant un lien direct avec Rome. Le nouveau cardinal, jésuite, né en Chine continentale en 1923, archevêque Kaohsiung depuis 1991 et président de la Conférence régionale des évêques de Chine, déclare s’être déjà rendu en Chine populaire, à Pékin, en 1979, pour visiter sa famille avec laquelle il garde un contact régulier.

Interrogé sur les conditions de vie des catholiques sur le continent, le cardinal a affirmé que « des progrès ont été faits », puisque l’on n’exige plus que les catholiques « rompent avec Rome ». Maintenant, précise-t-il, les catholiques de Chine continentale ont « la permission de prier pour le pape ».

Plus de liberté, mais des restrictions qui demeurent

Mais le nouveau cardinal reconnaît que des « restrictions » demeurent. Il fait état de la difficulté d’exercer un apostolat, de maintenir des contacts avec Rome, ou de gérer des hôpitaux et des écoles, comme c’est en revanche possible à Taiwan.

L’archevêque taïwanais dit ne pas désespérer de retourner un jour sur le continent. Il se réclame de la tradition jésuite de l’évangélisation de la Chine. Interrogé sur une éventuelle mission sur le continent, il répond: « Cela dépend de la situation. Si le pape me le demandait, je ne pourrais refuser, mais je suis certain qu’il ne le ferait pas en dehors de circonstances appropriées ».

« L’Eglise peut coexister avec tous les systèmes politiques »

Le 12 février dernier, le cardinal secrétaire d’Etat Angelo Sodano avait lui-même déclaré que le Vatican nourrissait « l’espérance » de progrès dans les relations avec le gouvernement de Pékin: le Vatican a en effet demandé l’autorisation de la visite d’un délégué en Chine et attend la réponse.

Il affirmait également que dans les relations entre le Vatican et le gouvernement de Chine populaire, les priorités différaient. Le Saint-Siège étant plus attentif aux questions religieuses tandis que Pékin met l’accent sur une reconnaissance préalable d’Etat à Etat. Mais le cardinal Shan Kuo-hsi a rappelé les paroles du pape affirmant que l’Eglise peut « coexister avec tous les systèmes politiques ». A part Mgr Shan Kuo-hsi, deux autres cardinaux chinois appartiennent au Sacré-Collège : Mgr Ignace Kong Pin-mei, venu de l’Eglise du silence et l’évêque de Hong-Kong, Mgr Jean-Baptiste Wu Cheng-chung.

Le diocèse de Kaohsiung (République de Chine, Taiwan) compte plus de trois millions et demi d’habitants, et quelque 47 mille catholiques, quelque 90 prêtres et plus de 220 religieux et religieuses. Les catholiques chinois du continent seraient environ huit millions, y compris l’Eglise non-officielle. (apic/imedia/be)

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