« Le gouvernement favorise certaines ethnies »
Nairobi, 23 février 1998 (APIC) Une vive polémique a opposé en fin de semaine dernière les Eglises chrétiennes du Kenya au chef de l’Etat, Daniel Arap Moi. Les chefs religieux, dans une déclaration commune, dénoncent l’incapacité du gouvernement à lutter contre la violence intercommunautaire qui a fait depuis le début de l’année près de 200 morts dans la vallée du Rift, située à l’ouest du pays.
Les responsables des communautés religieuses ont notamment souligné les faiblesse de la loi fondamentale. Ils demandent sa suspension et son remplacement par une autre. Selon eux, le principal problème du pays est « l’absence d’une Constitution moderne » qui puisse inspirer confiance aux citoyens du pays en tenant compte de leurs souhaits et de leurs aspirations. La Constitution actuelle en vigueur est « manipulée », et ne « sert que les intérêts d’une ou de plusieurs communautés » dans le seul but de préserver leurs biens acquis par des « moyens douteux ».
Le président kenyan a réagi fortement à la prise de position des Eglises chrétiennes en traitant les chefs religieux de « marchands d’anarchie ». Le chef de l’Etat, dont les propos ont été rapportés par la télévision gouvernementale, a ajouté que les chefs d’Eglise ne doivent pas ’rêver’ pour son pays à un soulèvement populaire tel qu’il s’est réalisé en janvier 1986, aux Philippines, entraînant la chute du régime de Ferdinand Marcos ».
Daniel Arap Moi a encore fait la leçon aux responsables des Eglises: « Il est inutile de galvaniser la population par des ’projets malsains et égoïstes’ en tâchant de diviser les ethnies du Kenya ».(apic/ibc/ba)
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