Pas de « chasse au fœtus malformé »
Rome, 26 février 1998 (APIC) Au lendemain du discours prononcé par Jean Paul II consacré au génome humain, Mgr Elio Sgreccia, vice-président de l’Académie pontificale pour la vie, condamne « la chasse au foetus malformé et la pratique de sélection avant la naissance de l’enfant ».
Interrogé mercredi par « La Repubblica », Mgr Sgreccia dénonce la philosophie utilitariste invoquée pour justifier les diagnostics sélectifs, qui ont pour but l’avortement du foetus portant une malformation, souligne-t-il, afin d’épargner à la société et à la famille le « coût » de la personne handicapée. Ce sont des pratiques très répandues, dénonce l’expert, qui cite le « tritest », un examen de trois éléments chimiques préalable à l’amniocentèse, qu’il assimile à une véritable « chasse au foetus malformé ».
Le courant eugéniste du début du siècle et la sélection pratiquée sous le nazisme ne pouvaient agir avant la naissance de l’individu, relève Mgr Sgreccia: « Aujourd’hui, au contraire, on intervient avant la naissance. Les nouvelles biotechnologies se retrouvent – ou peuvent se retrouver – aux mains de personnes inspirées par une philosophie utilitariste, qui considère le coût d’une vie « mal foutue ». Il est courant aujourd’hui que les examens génétiques – « screening » prénatal et analyse avant implantation lors de la fécondation in vitro-, servent à « sélectionner » les individus qui devront naître et ceux qui seront écartés, ajoute le prélat.
Mgr Sgreccia insiste sur le fait que le cri d’alarme lancé par le pape sur la « sélection » des êtres humains n’est pas nouveau ni isolé. Il cite l’avertissement du professeur français Jacques Testart, pionnier de la fécondation in vitro, qui a dénoncé le phénomène. L’UNESCO condamne elle aussi la sélection des êtres humains porteurs de « défauts », rappelle encore Mgr Sgreccia. Et si elle encourage les recherches sur le génome humain à des fins thérapeutiques, elle rejette les manipulations sur le génome. Mgr Sgreccia note cependant dans le discours de l’UNESCO une « incertitude » sur le statut de l’embryon, qui déforme le discours: « De cette façon, toute déclaration est vaine, car on peut alors effectuer la sélection sur les embryons et procéder comme Hitler ».
L’expert en bioéthique demande que soient respectés les droits de tout être. « Les Déclarations sur les droits de l’homme, dit-il, doivent valoir pour toute personne. Même avant la naissance ». (apic/cip/imed/ba)
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