France: En écho aux JMJ, l’évêque de Poitiers propose cinq pistes aux jeunes

«Nous sommes responsables du visage de notre Eglise»

Paris/Poitiers, 4 janvier 1998 (APIC) «Ayez en tête tous vos camarades pour qui la vie n’a pas de sens, pour qui la vie est trop dure, pour qui les conditions de vie sont invivables. Vous êtes, là aussi, pour eux. Vous n’êtes pas là simplement pour vous ou pour votre mouvement, mais plus largement pour les milliers de jeunes du diocèse.» Tel est l’essentiel du message que Mgr Albert Rouet, évêque de Poitiers, souhaite faire passer aux jeunes qui ont participé aux Journées mondiales de la jeunesse en août dernier à Paris

«Je voudrais que vous soyez attentifs à cinq points qui, pour moi, comme évêque, me provoquent «, a confié Mgr Rouet, au Conseil pastoral des jeunes de son diocèse. Son message vient d’être répercuté à l’échelle nationale: il est publié dans dernier bulletin d’information de l’épiscopat français, pour faire écho à l’élan impulsé par les Journées mondiales de la Jeunesse, organisées en août dernier à Paris.

Avant d’énumérer les cinq pistes d’attention devant le Conseil pastoral des jeunes de Poitiers, Mgr Rouet met en avant l’enjeu d’une communion dans la diversité : «Il s’agit de respecter l’orientation de chacun de vos mouvements, de vos services, de vos zones. Ce n’est pas un mélange que nous faisons, ce n’est pas une uniformité, qui serait contraire à ce que le Christ a voulu. Mais il nous faut apprendre à travailler en se rencontrant, en se connaissant, en faisant communion.» Quel pont de 20 à 60 ans ?

La difficulté ne vient pas des jeunes mais de la génération «perdue»

Première piste suggérée par l’évêque : «La difficulté, contrairement à ce que l’on raconte, n’est pas qu’il n’y a pas de jeunes dans l’Eglise. Vous êtes la preuve qu’il y en a. Mais il y a une génération qui a quitté l’Eglise sur la pointe des pieds et on ne l’a pas vue partir, c’est celle des 35-45 ans. On vous fait porter l’absence de cette génération.

«Dans l’Eglise, vous vous retrouvez face à vos grands-parents. Prenez une assemblée : des jeunes de 20 ans, des grands-parents de soixante ans, il y en a, mais entre les deux, il y a un manque. Comment faire la greffe entre vous et la génération des soixante ans ?»

Chez les jeunes, Mgr Rouet observe «deux mouvements parallèles». Des dizaines de jeunes, dans son diocèse, sont en train de découvrir la foi chrétienne et en viennent à demander le baptême. Pendant ce temps, «le nombre de jeunes loin de la foi, loin de l’Evangile, grandit aussi».

«C’est le milieu qui tombe», commente l’évêque. D’où cette recommandation aux jeunes baptisés : «Ayez en tête tous vos camarades pour qui la vie n’a pas de sens, pour qui la vie est trop dure, pour qui les conditions de vie sont invivables. Vous êtes, là aussi, pour eux. Vous n’êtes pas là simplement pour vous ou pour votre mouvement, mais plus largement pour les milliers de jeunes du diocèse.» Demain : créons-le !»

«Il est important d’avoir le projet de créer», souligne l’évêque de Poitiers en troisième lieu. «Demain est existera si nous le faisons», dit-il. Il mise sur la créativité de jeunes pour dire non à la fatalité. Parmi les réalités à créer, Mgr Rouet met l’accent sur «des groupes, des passerelles, des reconnaissances». Car «s’il n’y a pas de passerelles, chacun vivra dans sa masure en attendant que les tuiles tombent du toit». Mais l’évêque n’en dit pas plus : «comme je ne sais pas quoi, j’ai besoin de beaucoup de conseils. Plus vous aurez des idées, mieux cela vaudra.»

La mission en va-et-vient

La diversité des sensibilités et des mouvements de jeunes dans l’Eglise rend justice à la double dimension de la mission de l’Eglise, relève encore Mgr Rouet. L’une correspond à l’envoi des disciples, appelés à se mêler à la pâte : «Allez, enseignez toutes les nations». L’autre est porteuse d’un appel à une découverte : «Venez et voyez».

Les deux dimensions sont «indispensables», insiste l’évêque de Poitiers, qui confie son interrogation : «Qu’est-ce qu’on propose comme signe visible de notre Eglise ? Est-elle une vieille femme ou une jeune fille qui donne envie de l’embrasser ? Nous sommes res-ponsables du visage de notre Eglise.» Comprendre pour aimer La dernière réflexion de l’évêque assume ce que des jeunes lui ont confié : «Il n’est pas évident aujourd’hui d’avoir 20 ans, car notre société est complexe, dure. On a besoin de réfléchir, on a besoin de com-prendre.» C’est dire l’enjeu d’un organe tel qu’un Conseil pastoral des jeunes pour s’aider ensemble à «comprendre le monde où nous vivons, réfléchir à ce qui se passe».

Et l’évêque de conclure en se référant à l’évangile de Jean : «Dieu a tant aimé le monde qu’il a envoyé son Fils unique. Notre mission est de traduire comment Dieu continue de tant aimer le monde où il nous envoie, non pas pour juger le monde, mais pour le sauver.» (apic/cip/be/mp)

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