Un « conseil des sages » en cas d’abus sexuels dans l’Eglise
Vienne, 6 janvier 1998 (APIC) Le théologien pastoral viennois Paul Zulehner a proposé la mise sur pied d’un « conseil des sages » en cas d’abus sexuels dans l’Eglise. Réagissant sur les ondes de la radio autrichienne suite aux nouvelles accusations contre le cardinal Hans Hermann Groer, P. Zulehner a également demandé que l’on réexamine la procédure de nomination des responsables de l’Eglise.
Le théologien viennois, interrogé dans le cadre de cette nouvelle affaire – le cardinal Groer, ancien archevêque de Vienne, âgé aujourd’hui de 78 ans, a dû se démettre ce week end de sa charge de prieur de la communauté St-Joseph de Maria Roggendorf suite à des accusations portant sur des faits remontant à aussi de nombreuses années -, a demandé que l’on mette en place dans l’Eglise un « conseil des sages » dans les affaires de mœurs touchant des membres de la hiérarchie ecclésiale. Il s’agit d’éviter le lynchage médiatique et que des personnes soient condamnées aux yeux de l’opinion publique avant même d’avoir été jugées.
Respect absolu de la dignité de la personne
Le théologien viennois considère qu’un tel organe est nécessaire, car on a besoin d’une « procédure protégée » dans laquelle puissent être aussi examinés les reproches adressés aux responsables ecclésiaux, « sans excitation et avant tout dans le respect absolu de la dignité de la personne ». Avec l’institution de « l’ombudsman » pour traiter des cas litigieux au niveau des simples membres du clergé, on est déjà sur la bonne voie, estime Paul Zulehner.
Le théologien viennois plaide en outre pour de nouvelles procédures en matière de nominations épiscopales, car dans l’Eglise, entre l’institution et la personne, l’interdépendance est bien plus étroite que certains l’aimeraient. Le modèle qui a prévalu jusqu’à maintenant pour le choix des responsables ecclésiaux lui semble « de moins en moins faire ses preuves » ces derniers temps. Raison pour laquelle la nécessité se fait sentir d’une base plus large pour l’élection des candidats, même s’il reste incontestablement que les évêques « sont nommés par Rome ». (apic/kap/be)
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