Un trafic pas très catholique

Pologne: Dix-huit prêtres accusés d’avoir importé illégalement des voitures étrangères

Varsovie, 9 janvier 1998 (APIC) Dix-huit prêtres catholiques de l’archidiocèse de Lublin en Pologne risquent une peine d’emprisonnement de cinq ans pour avoir importé et vendu illégalement des voitures de luxe occidentales.

Selon l’archevêque de Lublin, le prêtre meneur du groupe a été suspendu de ses fonctions pastorales l’an dernier et les 17 autres pourraient encourir des sanctions ecclésiastiques. Par ailleurs tous risquent une condamnation pénale.

Rappelant les charges retenues contre les 18 prêtres le 6 janvier, un porte-parole du bureau du procureur de Lublin, Léopold Pietal, a précisé que 43 voitures avaient été achetées en Allemagne, en Autriche, aux Pays-Bas, et revendues en Pologne entre 1992 et 1996. De faux documents, certifiant que ces voitures étaient des cadeaux destinés à l’usage exclusif de l’Eglise, et obtenus dans les paroisses et les divers bureaux de l’archevêché, auraient été présentés aux instances douanières. Les autorités ont eu vent de cette escroquerie, qui aurait coûté au Ministère des finances polonais la somme de 235’000 zlotys (80’000 dollars), en remarquant la présence de tampons périmés et de fautes d’orthographe sur les certificats d’importation.

Interrogé par l’Agence d’information catholique polonaise KAI, l’archevêque Jozef Zycinski, a relevé que les faits reprochés s’étaient passés avant sa prise de fonctions en juin 1997 à Lublin. Il a aussitôt suspendu le présumé chef du groupe, âgé de 34 ans, de ses fonctions d’aumônier dans un centre d’éducation de Chelm. S’ils sont reconnus coupables, les 18 prêtres encourent également des sanctions dans le cadre de l’Eglise, a précisé l’archevêque qui préfère cependant attendre l’issue du procès avant de prendre une décision. «Je n’imaginais pas qu’un prêtre pouvait, en service pastoral, suivre dans sa vie des principes différents de ceux qu’il enseigne en chaire», a-t-il dit. «Mais je ne peux m’empêcher de penser que certains des accusés ont aussi été victimes de leur propre naïveté.» L’archevêque a fait remarquer en outre que les employés – laïcs et eccléésiastiques – de son diocèse recevaient de très bas salaires – en moyenne 550 zlotys par mois (170 dollars), c’est à dire la moitié du salaire national moyen.

Ce scandale, qui a fait la une des nouvelles télévisées le mardi 5 janvier, est le dernier d’une série d’affaires portant sur des importations de voitures impliquant le clergé catholique Une loi adoptée en 1989 exempte de droits d’importation et de taxes les marchandises étrangères offertes à l’Eglise à des fins religieuses, charitables et éducatives.

En 1996, le directeur du département de publications du diocèse de Sandomierz a été accusé d’avoir utiliser des documents falsifiés pour importer de France trois voitures et obtenir ainsi une réduction de 35 %. En 1995, un prêtre a été condamné pour avoir importé cinq Ford Sierra et des BMW d’un pays d’Europe occidentale, et en avoir signalé seulement deux dans sa déclaration d’impôts.

Les instances judiciaires de Lublin ont précisé que des frères du chef du groupe vont comparaître aussi por escroquerie. L’un prêtre à Salzbourg, en Autriche achetait les voitures et l’autre, un mécanicien, les conduisait en Pologne et les revendait avec des bénéfices pouvant aller de 600 à 3’400 dollars. (apic/eni/mp)

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