Jean Paul II rappelle la persécution subie par les uniates

Rome: Les 60 ans du Collège gréco-catholique roumain de Rome

Rome, 11 janvier 1998 (APIC) Jean Paul II a invité la communauté du Collège «Pio Romeno» – le Séminaire pontifical roumain gréco-catholique, fondé il y a 60 ans par le pape Pie XI -, à ne pas oublier les événements qui ont fait l’histoire de ces 60 années pour pouvoir véritablement renaître. Une histoire marquée par la persécution, l’Eglise «uniate» de Roumanie, liquidée durant la période communiste et intégrée de force dans l’Eglise orthodoxe roumaine, ayant vécu plus de 40 ans dans les «catacombes».

L’Eglise gréco-catholiques de Roumanie, qui s’apprête à célébrer les 300 ans de son retour à l’unité avec Rome, a ouvert l’an dernier un concile provincial pour revoir les méthodes pastorales et les adapter à la nouvelle société roumaine post-communiste.

C’est dans le contexte que Jean Paul II a rappelé la persécution endurée par cette Eglise, dont de nombreux évêques, prêtres et laïcs furent jetés en prison et rendu hommage à leur résistance, et notamment à celle de deux prélats encore vivants, le cardinal Alexandru Todea et Mgr Ioan Ploscaru, qui ont «payé cher la défense des droits de l’Eglise et l’affirmation de la liberté de conscience».

Pour Jean Paul II, le Collège Roumain a, pendant ces années difficiles, joué un rôle particulièrement important, étant un «signe d’espérance» dans l’attente de «jours meilleurs». Non seulement parce qu’il accueillait des séminaristes roumains, mais parce qu’il était en même temps un «point de référence pour la communauté roumaine de la diaspora», et qu’il accueillait aussi des séminaristes d’autres Eglises orientales. Il s’agit maintenant, a demandé Jean Paul II, de ne pas oublier l’histoire, tout en renaissant «dans la fraternité».

Le pape a indiqué plusieurs axes. Il a d’abord souligné la contribution des chrétiens de Roumanie, de tradition byzantine, et donc riches de la tradition de l’Orient chrétien, tout en faisant partie de l’Europe. Ils doivent, a-t-il affirmé, être conscients d’enrichir de leur culture, «non seulement l’Eglise, mais l’Europe-même». Jean Paul II a aussi invité les séminaristes à puiser, pour leur formation, en priorité aux sources de l’Ecriture Sainte et de la tradition des Pères de l’Eglise, si chère aux Orthodoxes, a-t-il souligné, pour faire face au «relativisme moral» et à la «recherche de la richesse à tout prix», qui sont «des difficultés du moment présent». Il les a aussi invité à toujours enseigner «le caractère sacré et l’inviolabilité de la vie».

Au niveau matériel, le pape a reconnu le «manque persistant de structures», mais il s’est félicité en même temps des «chantiers» actuellement ouverts pour donner aux communautés des lieux de prière et d’activités pastorales. (apic/cip/imedia/be)

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