Cuba: Le cardinal Jaime Ortega, archevêque de La Havane, sur les ondes de TV d’Etat
La Havane/Rome, 14 janvier 1998 (APIC) Pour la première fois depuis des décennies, la télévision cubaine a donné la parole à un haut responsable de l’Eglise catholique cubaine. Le cardinal Jaime Lucas Ortega Alamino, archevêque de La Havane, a pu en effet s’exprimer mardi soir sur les ondes de la TV d’Etat durant une demi-heure et commenter la prochaine visite de Jean Paul II qui aura lieu du 21 au 25 janvier prochain. Il a rappelé à cette occasion que le pape est opposé pour des raisons humanitaires à l’embargo américain contre Cuba.
Le pape a toujours soutenu le droit des gens à l’alimentation et aux soins de santé, a souligné l’archevêque de La Havane, qui a tenu son allocution devant un portrait du pape Jean Paul II et une effigie de la Vierge de la Charité d’El Cobre, patronne de Cuba. Le cardinal Ortega a relevé que le pape condamne en même temps également l’avortement et la peine de mort.
Avec cette visite, le pape accomplit la mission que Dieu a donnée à l’Apôtre Pierre et à ses successeurs, a déclaré le prélat cubain, qui s’est adressé aux téléspectateurs en les appelant « frères et sœurs ». Soulignant son amour pour le pape et Cuba, il a dit que les Cubains pouvaient se sentir comme faisant partie d’une grande famille.
Une visite non dépourvue de dimension politique
De son côté, Hermes Herrera Hernandez, ambassadeur de Cuba auprès du Saint-Siège, a estimé au cours d’une conférence de presse à Rome que la visite de Jean Paul II dans son pays n’était pas dépourvue de dimension politique: « à part sa dimension pastorale, elle aura aussi une dimension politique », mais il serait pourtant « absurde » de l’interpréter comme un geste « pour ou contre Castro ».
L’ambassadeur a assuré que le Souverain pontife pourrait s’exprimer librement à Cuba. « Si à cette occasion il proclame les valeurs catholiques, cela n’est pas en contradiction avec le gouvernement cubain; même s’il plaide pour les droits de l’homme, ce ne sera pas non plus un problème, car les droits de l’homme sont réalisés à l’intérieur du système politique à Cuba ».
Hermes Herrera Hernandez affirme qu’il y a de nombreux points d’accord entre le pape et le gouvernement cubain. Et de mentionner les interventions de Jean Paul II contre une économie de marché débridée, contre la culture de consommation et pour un développement solidaire. L’ambassadeur a défendu la décision de La Havane de ne pas octroyer de visas pour quelques journalistes à l’occasion de la visite du pape. « Chaque gouvernement a le droit de refuser l’entrée à des journalistes dont on sait qu’ils ne rapportent pas la vérité sur le pays ».
« L’embargo le plus sévère du monde »
Entre-temps, aux Etats-Unis, des hommes d’affaires américains, des responsables religieux et des hommes politiques se sont prononcés publiquement pour la fin de l’embargo américain contre Cuba, un blocus qui dure depuis 37 ans et qu’ils qualifient eux-mêmes d’ »embargo le plus sévère du monde ».
Dans une déclaration publiée mercredi à Washington, la Société américaine pour un commerce humanitaire avec Cuba, se basant sur des rapports de médecins, de représentants d’Eglises, de défenseurs des droits de l’homme et de responsables cubano-américains qui se sont rendus sur place, affirme que le Cubain moyen paye « un prix extrême » pour l’embargo total frappant les produits alimentaires et les sévères restrictions à l’importation de médicaments américains. Joan Brown Campbell, secrétaire générale du Conseil national des Eglises des Etats-Unis, estime que les Etats-Unis agissent de manière fausse en utilisant onze millions de Cubains comme « munition » pour essayer de faire tomber Fidel Castro. (apic/kna/cic/be)
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