Population: 11 millions d’habitants

Cuba en quelques chiffres

Superficie: 110’861 km2

Mortalité infantile: 10 %o (à titre comparatif, 89 %o dans le pays voisin d’Haïti)

Nombre de médecins: 5,19 %o hab (0,09 en Haïti)

Espérance de vie: 75,3 ans (54,4 ans en Haïti)

Analphabétisme: 4,3 % (55 % en Haïti)

Livres publiés: 932 titres (271 en Haïti)

Croissance: 7,8 % en 1996, 4 % en 1997 (prévisions)

Sources; l’Etat du Monde, la Découverte. 1998

Lausanne: «SolidarCité» se présente aux protestants et catholiques romands

La ville, sous toutes ses coutures

Lausanne, 19 janvier 1998 (APIC) Rurale à 90% au début du siècle, la population du globe est en passe de devenir majoritairement urbaine. Cette réalité, sous ces facettes multiples, a ponctué, samedi à Lausanne, la présentation du thème de la campagne de Pain Pour le Prochain et de l’Action de Carême en Suisse romande qui s’ouvre le 1er mars prochain. Le slogan 1998, «SolidarCité» est bref et explicite. Il s’agit de poursuivre, en Suisse et dans les pays du Sud la construction des cités fraternelles, au moment même où des phénomènes d’appauvrissement et d’exclusion grossissent dans toutes les villes du monde.

Conférences, ateliers et animation théâtrale ont permis aux participants de mieux comprendre l’enjeu humain et chrétien de la croissance des villes. Comme de mieux utiliser les matériaux proposés pour la Campagne de carême des protestants et catholiques suisses.

Réunis au centre paroissial de Saint-Jacques, les participants ont d’abord écouté Antonio da Cunha, professeur de géographie à l’Université de Neuchâtel. Ce dernier a montré que les grandes villes, moteurs économiques des pays, produisent des richesses immenses. Tokio produit 854 milliards de dollars par an et la ville de New York 448 milliards de dollars (l’équivalent à la production totale du Brésil).

Autre phénomène: Les grandes villes du Sud ont connu partout, ces dernières années, une augmentation de population considérable, voire vertigineuses comme Séoul, Sao Paulo et Mexico. Cette augmentation est certes provoquée par la croissance démographique, mais aussi par l’exode rural et l’attirance vers la ville dans laquelle on rêve d’améliorer son sort. Au début du 21e siècle, il sera exact d’affirmer que les ¾ de la population mondiale est citadine !

Croissance de poches de pauvreté

Le professeur de géographie a également démontré, en Suisse comme dans les pays du Sud, la croissance de poches de pauvreté qui se logent au milieu de l’abondance. Cette augmentation du nombre des exclus provoque un regain de tension, voire parfois de haine raciale. L’orateur a insisté cependant pour que l’on ne tombe pas dans les clichés où tout est contrasté. Malgré leurs conditions précaires d’habitats et de salaires, il existe dans les bidonvilles et les favelas, des exemples de solidarité interne et de résistance. Les enquêtes affirment cependant que l’accroissement des bidonvilles croît plus vite que l’augmentation générale de la population. La démonstration d’Antonio da Cunha, avec force statistiques et tableaux, a permis aux participants de mieux saisir, dans sa complexité chiffrable et sociale, le thème de la campagne de Carême.

Faisant quelques incursions sur la réalité suisse, il a cité une récente enquête qui démontre, par exemple, que dans l’agglomération lausannoise 20% des revenus des ménages étaient en dessous du minimum vital. En général les villes «produisent elles-mêmes leurs pauvres». Plus qu’autrefois, «des catégories de gens ne naissent pas pauvres, elles deviennent pauvres» D’où pour beaucoup d’entre eux un sentiment d’isolement et de frustration.

Un calendrier amélioré

Michel Egger, collaborateur en politique de développement au secrétariat de «Pain pour le Prochain», a présenté le calendrier de carême, instrument essentiel, à ses yeux, pour la campagne de1998. Citant Victor Hugo, «la forme, c’est le fond qui remonte à la surface», Michel Egger estime, en analogie avec la citation, que la forme et le graphisme du calendrier ne sont pas indifférents pour rendre plus transparent et attrayant le message de la campagne. Suite à une évaluation des calendriers antérieurs, et grâce à un concours d’idées auprès de quatre graphistes, le calendrier 98 vise plusieurs éléments: Renforcer la lisibilité avec une mise en page plus sobre et dépouillée en recherchant une meilleure hiérarchisation de l’information. Le titre, bien mis en évidence, dit l’essentiel. Chaque semaine du calendrier a sa couleur et sa ville déterminée: Le Cap, Hô Chi Minh-Ville, Guatémala-City, Sao Paulo et Iloilo (Philippines).

Des photos plus attractives

Les prières pour la Semaine Sainte ont toutes été enregistrées par le «Quaker Peace Centre» du Cap. Ainsi ce voyage à travers les continents donnent des accents qui éclairent une facette de l’urbanisation. Les pages non datées, entre autres celle de la pétition adressée au parlement et au Conseil fédéral pour la création de la Fondation de solidarité sont placées au début. Un soin particulier, a déclaré encore Michel Egger, a été porté à l’aspect visuel avec de plus grandes photos que d’habitude. Pour stimuler la réflexion et la curiosité, une plus petite photo ou une vignette reprend un détail ou un aspect complémentaire du thème ou de la photo du jour.

Cela permet au croyant plusieurs entrées possibles pour utiliser intelligemment le calendrier. Enfin chaque jour de la semaine a été structuré avec des rendez-vous qui se répètent: Lundi, mardi et samedi sont dédiés à la ville choisie, mercredi aux enfants, le jeudi à des présentations ou suggestions d’actes de solidarité en Suisse et le vendredi à un ancrage biblique et spirituel, toujours en lien avec la ville. Le dimanche, lui est réservé à des prières, dont quelques unes ont été écrites par des responsables de la pastorale des rues de Lausanne.

«De la parole aux actes».

Anne-Marie Hollenstein, directrice de l’Action de Carême à Lucerne, a martelé à plusieurs la courte phrase incisive: «De la parole aux actes !» Les petites organisations non-gouvernementales (ONG) suisses, ces petits David contre le Goliath de la misère, ne sont-elles pas trop ambitieuses? a-t-elle demandé.

L’idolâtrie du néo-libéralisme

«Notre campagne 98, poursuit la directrice de l’Action de Carême, propose des réflexions bibliques, théologiques et politiques. Jésus a pris un chemin qui l’a conduit de la campagne à la ville de Jérusalem, lieu de sa crucifixion et sa résurrection. Il nous faut donc entrer dans cette dynamique de l’espoir en sachant lutter contre les stratégies néo-libérales et de ne pas nous laisser contaminer par cette nouvelle idolâtrie. Portés par la foi chrétienne et humaine, il s’agit que nous incarnions ensemble l’esprit de l’Evangile et les droits de l’homme.

Anne-Marie Hollenstein a cependant rendu attentif son auditoire à un aspect pédagogique. Il ne faut pas décourager les gens avec une accumulation de détresses et de situations économiques et sociales désastreuses. Examinons un petit coin de ville avec ses peines et ses espoirs. Présenter un projet concret, pris en charge par une paroisse, est aussi une manière d’augmenter la générosité des catholiques suisses. Une tâche essentielle aussi à laquelle nous devons aussi nous appliquer pour relever la courbe descendante des dons lors des dernières années. (apic/ba)

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