L’humilité, chemin d’unité

Genève: Table ronde sur l’œcuménisme, dans le cadre du 50e anniversaire du COE

Genève, 20 janvier 1998 (APIC) Fondé en 1948, le Conseil œcuménique des Eglises (COE) fête cette année ses 50 ans. Tout au long de l’année, cet anniversaire sera marqué par des manifestations dont la première, une conférence-débat, s’est déroulée le 18 janvier au siège du COE à Genève, dans le cadre de la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens.

Le Rassemblement des Eglises et Communautés chrétiennes de Genève, organisateurs de la rencontre, avait invité trois intervenants, soit une protestante, un catholique-romain et un orthodoxe, à s’exprimer sur « l’engagement commun des Eglises au seuil du nouveau millénaire ». Trois regards contrastés sur l’aventure œcuménique, riche de mémoire, jalonnée de défis dont le plus important reste la construction de l’unité visible des Eglises.

Cinquante ans, c’est peu au regard de l’histoire du christianisme, mais c’est beaucoup comparé à une vie humaine. Engagée dans ce qu’elle appelle le mouvement œcuménique « de base », Madeleine Strub-Jaccoud, formatrices d’adultes à Zurich, trouve important de « refaire la mémoire œcuménique » pour nous rappeler quelle est notre mission dans le monde. Pour elle, l’espérance, sources de projets commun, doit être le fil rouge de notre réflexion, de notre action et de notre prière, dans ce combat contre les divisions dont nous sommes, nous aussi victimes.

Des divisions que le Père Ion Bria, théologien orthodoxe, a lui aussi longuement évoquées dans son intervention. Fruit des aléas de l’histoire, elles ont engendré, a-t-il dit, une sorte d’assymétrie entre Eglises d’orient et d’occident. Mais la guerre froide est aujourd’hui terminée, nous invitant à nous engager sur la voie de l’unité et de la compréhension mutuelle, dans une démarche fondée essentiellement sur la théologie trinitaire, notre héritage commun, et sur le respect des diversités, éclairé par la catholicité. Un engagement exigeant et parfois douloureux, qui met en question nos stéréotypes personnels, mais riche d’une immense espérance.

L’une des conditions de ce cheminement des Eglises vers l’unité est le « parler vrai ». Dans leur désir authentique de rapprochement, les chrétiens ne sauraient par conséquent passer sous silence certaines questions épineuses, tel le statut de l’évêque de Rome. C’est donc une réflexion sur la fonction et la mission du pape que l’intervenant catholique, le Père René Beaupère, a invité ses auditeurs. Il s’est inspiré pour cela des textes fondateurs du christianisme ainsi que de l’Encyclique « Que tous soient un » de Jean Paul II, où le rôle du pape est exprimé non en termes de pouvoir, mais d’humilité. (apic/gth/pr)

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