Texte de la profession de foi du théologien sri lankais

Sri Lanka: Levée de l’excommunication contre le Père Balasuriya

Colombo, 22 janvier 1998 (APIC) Le Père Balasuriya a publiquement professé sa foi selon le «Credo du peuple de Dieu», du pape Paul VI, et non à partir du texte préparé par la Congrégation pour la doctrine de la foi, que préside le cardinal Joseph Ratzinger.

La levée de l’excommunication du Père Tissa Balasuriya, décrétée à la demande de Rome au cours d’une cérémonie présidée le 15 janvier par Mgr Nicholas Marcus Fernando, archevêque de Colombo, a sans doute fait couler moins d’encre que la sentence prononcée à l’encontre du théologien sri lankais, il y a un an.

Avec l’autorisation de la Congrégation pour la doctrine de la foi, l’archevêque a lu le décret, peu avant la profession de foi de l’intéressé, «Je suis conscient du fait que les termes de cette profession diffèrent d’une certaine manière de ceux du texte préparé pour moi par la Congrégation pour la doctrine de la foi. Je reconnais cependant que tous les deux expriment la même foi dans l’Eglise», a déclaré le Père Balasuriya après avoir expliqué les raisons de son choix: Le «Credo du peuple de Dieu», du pape Paul VI, est «une expression globale de la foi catholique».

Dans son intervention, le 15 janvier, l’archevêque de Colombo a constaté que le Père Balasuriya regrette le tort causé par son livre «Marie et la libération humaine», et par les événements qui ont suivi. «Il exprime aussi sa foi catholique et reconnaît l’autorité du magistère, exercée aux niveaux local et universel en ce qui concerne ses écrits».

A l’avenir, assure l’archevêque, le Père Balasuriya accepte de soumettre ce qu’il écrit sur la foi et la morale à l’»imprimatur» des ordinaires religieux et diocésains. «Il promet aussi de s’abstenir de toute déclaration qui contredirait cette réconciliation». Et d’enchaîner par l’acte lui-même: «Je déclare ici et maintenant la levée de l’excommunication encourue par le Père Tissa Balasuriya selon la notification de la même Congrégation (réd: pour la doctrine de la foi), publiée à Rome le 2 janvier 1997».

Une théologie pour l’inculturation de la foi en Asie

Dans sa profession de foi, le théologien relève que l’engagement de toute sa vie a toujours été de chercher à être un vrai disciple du Christ, de servir l’Eglise et de travailler pour une libération intégrale de l’homme, y compris pour une société plus juste. Dans cette perspective, dit-il, «j’ai essayé de promouvoir une théologie pour l’inculturation de la foi en Asie».

Et le Père Balasuriya de faire sa profession de foi. «Avec l’Eglise, je professe en particulier: que le sens des formules dogmatiques reste toujours vrai et sans changement, bien qu’il puisse s’exprimer plus clairement pour être mieux compris; que la révélation de Jésus-Christ est de caractère surnaturel et unique; que les saintes Ecritures, ancien et nouveau Testaments, sont la Parole de Dieu; que Jésus-Christ est le fils de Dieu et le sauveur universel; que Jésus-Christ est le fondateur de l’Eglise, signe et sacrement du salut pour le monde entier; par ailleurs, je professe le dogme du péché originel comme il a été enseigné par le Concile de Trente et celui d’un seul baptême pour le pardon des péchés; que je crois en Marie et que je l’honore dans sa maternité divine, son immaculée conception et sa virginité, son assomption corporelle au ciel; que j’accepte le magistère du pontife romain et du collège des évêques qui sont en union avec lui; que j’apprécie la valeur de ma communion avec l’Eglise et ses pasteurs; que je reconnais les droits et les devoirs des évêques d’exercer leur souci pastoral, de mener la communauté catholique sur le chemin de la vraie foi, de juger et d’évaluer les écrits théologiques, même si j’espérais un dialogue plus ouvert pour un examen objectif de mes livres; que j’accepte que la Congrégation pour la doctrine de la foi soit intervenue selon ses propres règles, et que je suis conscient que beaucoup de lettres ont été échangées par la médiation de mon supérieur général, même si j’espérais un dialogue plus direct et personnel».

Le texte de réconciliation est signé par une dizaines de témoins. (apic/eda/pr)

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