Brésil: Augmentation des suicides chez les Indiens Guarani, 14 pour ces 3 derniers mois
Brasilia, 25 janvier 1998 (APIC) Les suicides chez les Indiens Guarani sont en nette augmentation, s’inquiète le Conseil indigéniste missionnaire (CIMI) de la Conférence nationale des Evêques du Brésil (CNBB) Durant les trois derniers mois de 1997, on a compté 14 suicides d’Indiens.
Ce n’est pas la première fois que le CIMI attire l’attention sur ce problème. En 1995, il avait déjà relevé qu’en dix ans, 160 Guarani-Kaiovà s’étaient donné la mort, dont 22 – surtout des jeunes – dans les cinq premiers mois de 1995. En cause, selon le Conseil: la détérioration des conditions économiques des Indiens, le manque de terre et la perte progressive de leurs traditions religieuses.
Le Conseil relève aujourd’hui que, dans le Mato Grosso do Sul, on compte en moyenne un suicide d’Indien Guarani-Kaiovà tous les quinze jours. De janvier à octobre 1997, on a enregistré 13 suicides. Au total pour l’année 1997, ce nombre est monté à 27, avec 14 suicides survenus au cours des trois derniers mois.
Le phénomène dure depuis onze ans et s’aggrave régulièrement durant les mois de novembre et décembre. Aux causes avancées en 1995, le CIMI ajoute l’alcoolisme. Mais cela revient au même: le plus souvent, ces Indiens se sont suicidés parce qu’ils ne supportent plus la misère, déplore le CIMI. (apic/cip/pr
Kenya: Des responsables d’Eglise demandent aux fidèles d’accepter le résultat des élections
Critiques de l’opposition
Nairobi, 25 janvier 1998 (APIC) Des ecclésiastiques – catholiques et protestants – du Kenya ont appelé les partis d’opposition à accepter le résultat des élections présidentielles et législatives de décembre 1997 remportées par le président sortant Daniel Arap Moi et son parti, la KANU (Union nationale africaine du Kenya). Cela en dépit des nombreux problèmes économiques et sociaux auxquels le pays se trouve confronté. Cet appel n’a pas été du goût de l’opposition.
Daniel Arap Moi entame son cinquième et dernier mandat présidentiel (de cinq ans) après avoir remporté un score de 40 %, et 10 % de voix de plus que son principal adversaire, Mwai Kibaki, du Parti démocratique.
Les responsables d’Eglise ont exhorté le gouvernement et l’opposition à panser les plaies et à surmonter le traumatisme des élections, organisées le 29 décembre, mais qui ont été prolongées d’un jour après avoir débuté dans un climat de chaos.
Par ailleurs, la KANU a remporté 107 sièges lors des élections législatives contre 100 sièges pour l’ensemble de l’opposition. Les leaders des principaux partis d’opposition ont dénoncé les irrégularités qui ont entaché le processus électoral.
L’archevêque catholique de Nairobi, Ndingi Mwana’a Nzeki, a déclaré dans son homélie du 11 janvier: « Nous ne sommes peut-être pas d’accord avec les résultats, mais nous devons les accepter. Je ne veux pas dire par là qu’il n’y a pas eu d’irrégularités, mais nous ne pouvons pas revenir sans cesse sur le passé. Il nous incombe aujourd’hui de nous préparer pour les prochaines élections ».
Quant au prélat anglican, l’archevêque David Gitari, il a déploré dans une prédication: « Tous les Kenyans, le président et l’opposition inclus, ont été coupables des irrégularités et des anomalies qui ont caractérisé les élections ».
Peu après les élections, certains ecclésiastiques avaient déclaré que les élections « reflétaient le choix de la majorité », déclenchant ainsi les critiques de l’opposition. Lors d’une conférence de presse de presse tenue en début d’année à Nairobi, Mutawa Musyimi, qui s’exprimait au nom du Conseil national chrétien du Kenya, de la Commission catholique « justice et paix », et de l’Institut pour l’éducation à la démocratie, un organisme laïc, avait souligné qu’en dépit de nombreuses anomalies, « les résultats reflétaient le choix des Kenyans ». Plus de 25’000 observateurs avaient, au nom de ces trois organismes, suivi les élections les 29 et 30 décembre. (apic/eni/pr)
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