Afrique du Sud: Pieter Botha critique durement l’évêque Desmond Tutu

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«Il a combattu l’apartheid sous la bannière du communisme»

George (Afrique du Sud), 26 janvier 1998 (APIC) L’ancien président sud-africain, Pieter Willem Botha, a attaqué avec arrogance, en fin de semaine dernière, l’archevêque Desmond Tutu, président de la Commission «Vérité et Réconciliation» en déclarant que «le Prix Nobel de la Paix avait combattu l’apartheid ’sous la bannière du communisme’ et qu’il devait pour cela demander pardon à la nation».

Pieter Botha a prononcé sa diatribe contre Mgr Tutu dans la ville de George. Devant se justifier le même jour devant un tribunal pour son mépris manifesté envers la Commission «Vérité et Réconciliation», l’ancien président a refusé de comparaître en déclarant qu’il ne demanderait jamais pardon pour le rôle qu’il a joué durant la période de l’apartheid. «J’ai par ailleurs un grand respect des généraux de ce temps-là», a-t-il ajouté.

«La parole ’apartheid’, dans la langue afrikaans, ne doit pas être perçue d’abord de manière péjorative. Elle a au contraire le sens positif de ’bon voisinage’», a encore déclaré Pieter Botha. Sa comparution devant le tribunal a été repoussée au 23 février. Le président de la Cour est le juge noir Victor Lugajo. La couleur de la peau du juge ne me dérange pas, a poursuivi l’ancien président d’Afrique du Sud. «J’ai déjà joué, enfant, dans notre ferme, avec des enfants noirs».

L’ancien président, 82 ans, homme clef de l’apartheid, symbolise, à lui tout seul l’histoire de l’Afrique du Sud «blanche». Pieter Botha, dont le père a participé à la guerre des Boers, s’intéresse à la politique au point de quitter l’université sans avoir tenté d’obtenir un diplôme. En 1946, il devient permanent du Parti national, tout jeune mouvement politique. Deux ans plus tard, et contre toute attente, son parti remporte les élections.. C’est le début de la politique de l’apartheid. Durant ses années à la tête de l’Afrique du Sud, de 1977 à 1989, l’implication des militaires aux côtés de la police dans les tâches de répression ira croissant. C’est pourquoi la Commission «Vérité et Réconciliation» désire entendre ce témoin capital pour mieux mesurer sa responsabilité durant cette période de l’histoire de l’Afrique du Sud. L’archevêque anglican Desmond Tutu, président de la Commission, a demandé officiellement en décembre dernier la comparution de l’ancien président. (apic/kna/ba)

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