Lausanne: assemblée thématique de la CRAL: quelles structures pour quelle efficacité ?
Lausanne, 28 janvier 1998 (APIC) La Communauté Romande de l’Apostolat des Laïcs (CRAL) a tenu son assemblée thématique annuelle samedi 24 janvier à Lausanne. Une cinquantaine de participants représentant les 21 mouvements membres ont tiré un bilan et exprimé leurs attentes envers une structure parfois lourde et peu significative, insistant sur l’urgence de renforcer l’information mutuelle, le travail de coordination et la visibilité.
Cette réflexion a été menée en présence de Mgr Pierre Farine, évêque auxiliaire à Genève et déélégué de la Conférence des évêques suisses auprès de la CRAL. Elle a été alimentée par l’exposé de l’abbé Jean-Marie Pasquier sur le rôle et la mission des laïcs dans l’Eglise au cours de son histoire.
L’apostolat des laïcs s’enracine dans celui de l’Eglise, une Eglise apostolique qui donne à tous ses membres une vocation commune: construire ensemble un corps (communion) – et annoncer l’Evangile à toutes les nations (mission), a rappelé le conférencier. Cette vocation se réalise et s’incarne diversement dans les ministères: reprenant le Père Yves Congar, l’abbé Pasquier a souligné que «tous font tout, mais pas de la même manière».
Il a ensuite dessiné l’évolution du terme «laïc» et de sa signification tout au long de l’histoire de l’Eglise: s’il a d’abord désigné le membre du peuple de Dieu par opposition au païen, «laïc» a rapidement défini «celui qui vit et oeuvre dans le siècle», puis celui qui n’est pas membre du clergé. Ce terme, a souligné l’abbé Pasquier, a été revalorisé au XXe siècle, où lon a reconnu que «les laïcs sont aussi l’Eglise», qu’ils sont levain dans la pâte du monde; enfin, le concile Vatican, qui a défini l’Eglise comme peuple de Dieu, a souligné le rôle et la mission des laïcs dans l’Eglise et le monde: c’est à eux que sont confiées la présence de l’Eglise au coeur du monde, l’annonce de l’Evangile dans les réalités temporelles et la gestion chrétienne de ces réalités.
Contre le fatalisme: oser une parole prophétique
Par leur présence «réelle mais cachée» dans la société, les chrétiens laïcs ont mission de prophètes, a ajouté l’abbé Pasquier, appelés comme eux à voir, parler et agir pour faire advenir le Royaume de Dieu en ce monde. Voir le dessein de Dieu dans l’histoire humaine, discerner les signes des temps; parler pour annoncer l’Evangile et dénoncer les inégalités; agir par la puissance de l’Esprit Saint en témoignant par leur vie et leur engagement pour le «renouvellement de l’ordre temporel».
Contre le fatalisme et la morosité qui rongent notre société, a conclu le conférencier, il est urgent d’espérer en misant sur la puissance de la Résurrection à l’oeuvre dans l’Eglise et dans le monde. «Laïcs, nous avons à témoigner de la nouveauté baptismale au coeur d’une société sécularisée: pour cela, osons une parole critique en croyant que Dieu est le maître de l’impossible. Sans nous laisser décourager par le dernier document romain sur les laïcs, certes discutable.»
L’avenir de la CRAL: travailler en réseau
La journée a aussi permis de tirer un bilan du fonctionnement de la CRAL et de dresser la liste des attentes des mouvements. Chaque délégué a brièvement exposé les joies et les difficultés rencontrées par son mouvement dans sa collaboration avec la CRAL et ses attentes pour une plus grande efficacité. Le tableau qui s’en est dégagé a montré la richesse et la diversité de la CRAL, que les délégués ont exprimées par les images du «prisme» et de «l’arc-en-ciel».
Les attentes ont révélé les insatisfactions devant une structure qui apparaît encore trop souvent rigide et éloignée des préoccupations de la base: il faut faire de la CRAL un lieu de partage où l’on se ressource, s’écoute et s’interpelle, où l’on apprend à lire les signes des temps pour faire exister l’homme debout; la rendre plus crédible face à l’Eglise et conforter son rôle de porte-parole d’une réalité vécue au quotidien qui ne remonte pas suffisamment aux autorités; en faire un lieu, enfin, où l’on travaille en réseau incitant chacun à être acteur.
Pour Jean-Marie Pasquier, «la CRAL rassemble et multiplie les regards pour aboutir à un regard communautaire plus large qui rejoint celui de l’Eglise»; elle est tout ensemble communion, rassemblement et envoi en mission pour faire vivre le corps qu’est l’Eglise».
La visibilité passe par une présence dans les médias, ont constaté les délégués présents. C’est pourquoi ils ont décidé de marquer de façon solennelle, par une journée de fête, les trente ans de la CRAL. Ils ont également réaffirmé leur volonté de s’associer, au sein de leurs mouvements, à la consultation sur l’avenir social et économique de la Suisse, qui vient d’être lancée à Berne, et pour le diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg, de participer à la réflexion «AD 2000» en lien avec les paroisses. (apic/cor/mp)
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