Genève: Célébration œcuménique de la Paix
Genève, 30 janvier 1998 (APIC) «Le monde a besoin de justice comme une terre craquelée a besoin d’eau». Cette formule du pasteur Christian Van der Heuwel n’a rien de rhétorique. Lancée à l’occasion d’une célébration œcuménique jeudi à Genève, elle traduit l’aspiration majeure de l’humanité et résume le devoir des chrétiens. La paix ne s’établira sur notre planète «brisée par la haine et par l’injustice» que si tous les hommes de bonne volonté «y déversent des fleuves d’eau vive», celle de la justice «indissociable du pardon et de la réconciliation».
La célébration œcuménique, désormais traditionnelle, organisée chaque année au mois de janvier par l’Eglise catholique, avait attiré une foule de chrétiens à l’église St-Nicolas-de-Flüe. Il y avait aussi des membres du Corps diplomatique, des représentants de l’Eglise nationale protestante, de l’Eglise orthodoxe et de l’Eglise d’Ecosse. La cérémonie, présidée par Mgr Amédée Grab, évêque de Lausanne, Genève et Fribourg, entouré du cardinal Edward Cassidy, président du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens, et de Mgr Giuseppe Bertello, observateur permanent du Saint-Siège auprès des Nations Unies, proposait le thème choisi par le pape pour la Journée de la Paix 1998; «De la justice de chacun naît la paix pour tous».
Hôte et orateur d’honneur: le pasteur Christian Van den Heuvel, président du Rassemblement des Eglises et communautés chrétiennes de Genève (RECG). Ce dernier s’est inspiré de l’épître aux Romains (3,21-26) pour rappeler que le chemin vers un monde viable ne sera possible que si nous nous libérons de sentiments contradictoires. «Nous ne pouvons construire la justice sans l’inscrire dans un acte de pardon s’adressant autant à l’offenseur qu’à l’offensé».
L’exemple de Zachée devenu généreux
Mgr Grab a pour sa part commenté l’épisode du dialogue de Zachée avec Jésus. Le percepteur d’impôts ne se limite pas à la justice commutative qui consiste à rendre à l’autre ce qui lui est dû. Il reconnaît qu’il n’a pas toujours été honnête, mais avant de parler de restitution, il déclare qu’il fera don aux pauvres de la moitié de ses biens. La justice commence par une démarche de réconciliation et de pénitence et débouche sur «la capacité d’agir avec Dieu dont la justice dépasse toute mesure».
Par ailleurs, a poursuivi l’évêque diocésain, l’Evangile ne nous dit pas que Zachée, après sa conversion, ait changé de métier. Jésus n’exige pas que ceux qui accueillent la Bonne Nouvelle renoncent à leur gagne-pain, sauf s’il est intrinsèquement immoral, mais qu’ils le pratiquent honnêtement. Les chrétiens doivent donc protester contre l’injustice et défendre la dignité de la personne humaine sans cependant jamais être sectaires. «Construire la paix dans cette perspective, c’est d’abord porter un regard d’amitié, de respect et de tendresse sur ceux que l’on croise dans notre vie quotidienne». (apic/gth/ba)
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