Jérusalem: Le maire de Jérusalem intervient dans la polémique sur la mosquée à Nazareth

«Une décision erronée que le gouvernement doit annuler»

Jérusalem, 5 décembre 1999 (APIC) La tension reste élevée en Terre Sainte en raison de la permission donnée par le gouvernement israélien à un groupe de musulmans fondamentalistes de construire une mosquée à quelques mètres de la Basilique de l’Annonciation à Nazareth. Ehud Olmert, maire de Jérusalem depuis 1993, âgé de 54 ans, critique cette décision dans un entretien accordé à l’agence catholique Fides.

La décision a déplu à tous les chefs des Eglises chrétiennes en Terre Sainte et dans de nombreuses parties du monde. A l’occasion de la pose symbolique de la première pierre de la mosquée, le 23 novembre dernier, les Eglises chrétiennes de Terre Sainte avaient décidé la fermeture pendant deux jours des sanctuaires et des églises. Des failles et un certain mécontentement se manifestent aussi au sein du monde politique israélien.

Ehud Olmert, plusieurs années (1988-1992) ministre dans le gouvernement de Itzhak Shamir, pense que la décision du Ministre Ben Ami de donner un terrain de l’Etat pour construire une mosquée, juste en face de la Basilique de l’Annonciation est «une erreur!». Le terrain de l’Etat, après approbation, a été accordé illégalement à des «squatters». En effet, ces derniers se sont emparés de ce terrain en revendiquant un droit antique de propriété; ce qui a été refusé par la Cour de Justice de Nazareth. Un droit déclaré sans fondement.

«Une tapisserie aux fils délicats»

Les rapports de l’Etat d’Israël avec les Eglises et, dans ce cas spécifique, avec l’Eglise catholique, poursuit le maire de Jérusalem, «sont comme une tapisserie aux fils délicats et fragiles, qui ne peut supporter des poids trop lourds». Ce n’est pas une décision qui peut contribuer à de bonnes relations, alors qu’il est clair que les Eglises refusent cette décision et y voient un mépris de leur statut. Dans le même temps, les rapports entre Israël et l’Eglise sont un fait historique et l’Eglise considère que ces relations sont d’une grande importance. C’est pourquoi elle désire les poursuivre. Le bon sens doit prévaloir et il nous faut déployer tous les efforts pour circonscrire l’incident, en le replaçant dans son propre contexte. De sorte que ses implications ne puissent pas s’étendre, et allumer ainsi un feu qui pourrait embraser ces relations au-delà de tout contrôle.

Ehud Olmert est catégorique: «La décision doit être annulée!» Je suggère que l’on reprenne le droit de propriété du terrain et que l’on y construise une place publique pour les résidents et pour les touristes aussi. Cela, au plan gouvernemental. Au plan municipal, la Commission communale pour la construction et la Commission de district ne doivent pas donner l’approbation pour la construction de la mosquée. Ces droits statutaires rentrent dans leur juridiction. Je ne connais pas bien les problèmes spécifiques de Nazareth, mais il ne me semble pas que le projet puisse être approuvé en passant par tous les canaux légaux dans un laps de temps aussi court. C’est pourquoi j’ai du mal à comprendre comment la Municipalité de Nazareth ait pu donner la permission de la pause de la première pierre. Surtout pour une structure dont les plans de construction n’ont pas encore été approuvés. La seule autorité souveraine pour ces questions est la commune de Nazareth et non pas le gouvernement israélien.

Un maire optimiste et rassurant

Interrogé si les frictions et les humiliations ressenties n’amèneront pas les touristes et les pèlerins du Jubilé à éviter la terre Sainte, alors que Bethléem, Nazareth et Jérusalem se préparent à accueillir des centaines de milliers de pèlerins, le maire de Jérusalem se veut rassurant et optimiste: «Il n’y aura aucun trouble. Même si des personnes se sont emparés illégalement du terrain, les Eglises, pour leur part, n’ont pas pour habitude de créer des tensions et de violer la loi. Les Eglises manifestent en revanche un grand intérêt pour l’avènement du Jubilé, qui est d’abord et avant tout une fête religieuse du monde chrétien», conclut-il.

Le maire de Jérusalem n’est pas la seule personnalité israélienne à critiquer sévèrement la décision du Ministre Ben Ami. Le gouvernement de Ehud Barak est désormais divisé, et cette division est publique. Depuis mardi soir dernier, la radio, la télévision, les journaux rapportent les déclarations du ministre des Affaires religieuses, Rabbin Yitzak Cohen, qui critique vivement le comportement de son collègue Ben Ami. (apic/fides/ba)

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